La performance des garderies

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On peut voir positivement que le gouvernement surveille ses dépenses, pourvu que les petits Québécois et leurs parents qui ont besoin de services fiables et éducatifs à travers le Québec ne fassent pas les frais de cette recherche d'économies.

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(Québec) ÉDITORIAL / Lorsqu'un gouvernement verse plus de 2,3 milliards $ par an pour des services de garde, il est normal, voire essentiel, qu'il s'assure que les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées suivent de saines pratiques de gestion afin d'obtenir le meilleur retour sur son investissement. Il faut cependant que Québec définisse au départ ce qu'il attend de cet investissement public et ce qu'est un service de garde éducatif de qualité. Sans cette précision de la part du gouvernement Couillard, un nivellement par le bas des services est en effet à craindre.

Que vise exactement le gouvernement libéral? Revoir le mode de financement pour s'assurer que les Québécois en ont pour leur argent? Affaiblir le réseau établi en 1997 parce qu'il ne juge pas important et rentable de consacrer autant de fonds publics dans des services éducatifs à la petite enfance? Supprimer quelque 5000 postes d'éducatrices parce que «garder» des enfants peut se faire par n'importe qui, n'importe comment, n'importe où? Veut-il à l'avenir se contenter d'accorder des crédits d'impôt (environ 500 millions $ par année) aux parents qui envoient leurs enfants dans des garderies privées non subventionnées - sur lesquelles il n'a aucun contrôle - comme si tous les modèles étaient pareils?

On peut certes voir positivement que le gouvernement surveille ses dépenses, pourvu que les petits Québécois et leurs parents qui ont besoin de services fiables et éducatifs à travers le Québec ne fassent pas les frais de cette recherche d'économies.

Les services de garde doivent assumer une réduction de 74 millions $ cette année et de 120 millions $ en 2016-2017. La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, veut de plus établir les montants à verser en s'alignant sur la réalité du tiers des services de garde plus performants, moins coûteux. C'est quoi un service de garde performant et moins coûteux?

Est-ce celui qui affiche les coûts administratifs les plus bas et qui gère de façon très serrée ses dépenses de main-d'oeuvre? Celui situé dans un milieu socioéconomique favorisé et qui n'a pas à gérer et à aplanir les effets de la pauvreté? Celui qui observe le ratio enfants/éducatrice idéal et qui offre une stabilité aux petits? Celui qui sait dépister les enfants à risque et leur fournir les services requis pour qu'ils puissent entrer en classe sans trop de retard d'apprentissage? Est-ce celui qui offre un programme éducatif riche qui permet aux bambins de faire mille découvertes? Celui qui compte sur du personnel qualifié et expérimenté? Est-ce au contraire celui qui surveille l'enfant pendant que ses parents sont au travail et qui lui fournit le strict minimum?

Évidemment, des coûts de fonctionnement plus élevés ne se traduisent pas automatiquement par de meilleurs services. Une gestion serrée et des coûts faibles ne signifient pas non plus médiocrité des services. Or sans critère clair et sans comparaison juste, les discussions interrompues jeudi entre la ministre Charbonneau et les associations de CPE et de garderies privées subventionnées risquent de ne mener nulle part lorsqu'elles reprendront. Il est pourtant possible de s'entendre sur des barèmes si la ministre exprime clairement ses objectifs et sa vision des services de garde éducatifs.

L'exemple du milieu de l'éducation devrait guider les actions du gouvernement et de sa ministre de la Famille. Québec avait comprimé la croissance des dépenses en éducation et répétait que cela n'aurait aucune répercussion sur les services directs aux élèves. Cela s'est révélé faux. Dans la mise à jour économique de jeudi, Québec annonce finalement un réinvestissement en éducation de 20 millions $ et un autre de 80 millions $ à compter de 2016. Leçon : évitons de sabrer à l'aveugle dans le financement des services à la petite enfance.

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