À quelle banderole vous associez-vous?

Accrochée à une passerelle pour piétons, la nouvelle... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Accrochée à une passerelle pour piétons, la nouvelle banderole voulait neutraliser le discours anti-immigration de la précédente installée la veille.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) ÉDITORIAL / Des banderoles affichant «Réfugiés, non merci» ou «Réfugiés bienvenue à...», il pourrait y en avoir partout au Québec et au Canada. La division exprimée à Québec traduit un état d'esprit à travers le pays.

Selon un sondage CROP mené pour Cogeco à la mi-septembre, 50 % des Canadiens se disent favorables à l'accueil des réfugiés, 44 % y sont défavorables, et les autres sont indécis. À force d'entendre que nos gouvernements n'ont pas les moyens de faire plus parce qu'ils doivent équilibrer à tout prix leur budget, à force d'associer «étrangers» à «dangereux», l'entraide n'est plus spontanée, mais froidement calculée. Ce n'est pas seulement désolant. C'est honteux. 

Bien sûr, le défi d'accueillir 25 000 réfugiés au Canada est colossal et exige une mobilisation et une coordination exceptionnelles de la part d'Ottawa, des provinces, des villes, des organismes communautaires et des écoles. Il n'y a pas de place à l'improvisation en la matière et il importe aussi que l'opération se déroule en protégeant la sécurité des Canadiens. Mais tout cela est possible lorsqu'un pays et ses communautés partagent un objectif commun et sont déterminés à l'atteindre.

Faut-il rappeler une fois de plus que le Canada a accueilli 70 000 réfugiés vietnamiens en 1979. Qu'est-ce qui nous empêcherait trois décennies plus tard de répéter l'expérience et de réussir? La peur de l'étranger, la peur que celui-ci soit terroriste et qu'il menace les «valeurs» canadiennes, la langue et la religion des Québécois ou des Canadiens de souche? La peur que ces hommes, ces femmes, ces enfants qui fuient l'horreur et la misère volent nos jobs, qu'ils soient un boulet pour la société, qu'ils coûtent cher à l'État? 

Jeudi, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, des réponses à ces craintes ont été formulées. «Le danger, ce n'est pas d'ouvrir la porte, mais bien de la fermer à double tour», a expliqué François Crépeau, professeur de droit à l'Université McGill et rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des migrants. Il a donné pour exemple les migrants mexicains condamnés à la clandestinité aux États-Unis. 

Walter Leuchs, consul général d'Allemagne à Montréal, a pour sa part témoigné que l'Allemagne n'a pas vu son risque de sécurité ou de terrorisme accru parce qu'elle a ouvert ses portes à des milliers de réfugiés.

Le pdg de Cogeco, Louis Audet, a de son côté joué la carte humanitaire, mais aussi économique, pour inciter le Canada à devenir la terre d'accueil non seulement de 25 000, mais de 100 000 réfugiés. Selon lui, la nation choyée que nous sommes doit aider, même si cela n'est pas prévu à son budget. Cela s'arrange, croit-il, et le Canada récoltera les fruits dans cinq ans parce que les personnes accueillies travailleront et créeront des entreprises. 

Au-delà du rôle humanitaire qu'il veut que le Canada retrouve, le pdg de Cogeco est aussi de ceux qui comptent sur l'immigration pour suppléer au vieillissement de la population et à la dénatalité qui pourraient compromettre la croissance du pays. Il se désole par ailleurs que le Canada se contente de consacrer seulement 0,24 % de son PIB à l'aide internationale, alors que le pourcentage recommandé par l'ONU est de 0,7 %. 

Avec l'arrivée de Justin Trudeau et des libéraux à la tête du pays, le message du  Canada en est un d'ouverture et d'humanisme. D'autres voix et d'autres actions doivent s'ajouter, notamment du milieu des affaires. Les belles paroles ne suffisent pas. Il faut de l'argent et des engagements.

Des Canadiens ont parfois eu honte des positions prises par le gouvernement conservateur de Stephen Harper ces dernières années. Comme l'a dit jeudi Louis Audet, nous devons agir maintenant si nous ne voulons pas avoir honte de nous-mêmes pour longtemps.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer