Aux syndicats de faire un pas

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Une entente négociée est dans l'intérêt des salariés, de l'État-employeur, des usagers des services publics et des contribuables.

La Presse, Robert Skinner

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(Québec) ÉDITORIAL / Le rejet des organisations syndicales était prévisible et le président du Conseil du trésor le savait pertinemment en présentant une offre qui avantage des salariés des secteurs public et parapublic et en pénalise, voire en appauvrit d'autres. Martin Coiteux tente de diviser les troupes, mais il oblige ainsi les dirigeants syndicaux à suggérer un compromis qui serait à la fois acceptable pour leurs membres et le gouvernement. Espérons que le but de l'opération est d'arriver à une entente négociée et non à justifier une loi spéciale.

M. Coiteux a raison de dire que la balle est maintenant dans le camp des syndicats. Son offre «actualisée» a beau leur déplaire, elle les force à bouger sur leurs demandes salariales initiales, une augmentation de 13,5 % sur trois ans. En plus, ils doivent mesurer si leurs membres sont prêts à faire bien des heures de débrayage, à subir de plus en plus la pression de l'opinion publique, pour convaincre Québec de se montrer plus généreux pour 100 % de ses employés.

La partie se corse. Au jeu des négociations, les deux parties doivent toutefois pouvoir dire qu'elles ont fait des gains. M. Coiteux ne doit pas perdre cela de vue. Il peut bien qualifier les demandes syndicales d'une autre époque, il ne fera pas très «moderne» s'il est incapable de parvenir à un accord et qu'il impose les conditions de travail par loi.

Pas un syndicat n'acceptera d'emblée que 5 % de ses membres sortent plus pauvres d'une série de négociations et que le salaire à l'entrée soit plus faible qu'aujourd'hui pour certaines recrues. M. Coiteux a beau faire miroiter 550 millions $ de plus, répéter que sa proposition bonifie les conditions salariales de 95 % des employés de l'État, il y a des principes que les dirigeants syndicaux peuvent difficilement nier. Des baisses de salaire, notamment pour des femmes, et des salaires moins alléchants pour les nouveaux employés embauchés, donc des jeunes, sont difficilement acceptables, même si M. Coiteux promet une plus grande progression en carrière.

Québec semble prêt à passer outre à des obligations qu'il fixe lui-même comme législateur. Lorsqu'il a adopté la Loi sur l'équité salariale, il a prévu qu'un employeur ne peut atteindre l'équité salariale, et le maintien de celle-ci, en diminuant la rémunération des salariés qui occupent des emplois dans l'entreprise. On voit mal comment Québec pourrait diminuer la rémunération de certains de ses salariés de 0,2 à 24 ,2 %par un exercice de relativités salariales.

Les secrétaires juridiques, les avocats des centres jeunesse, les agents d'intervention à l'Institut Pinel, les conseilleurs en formation scolaire ou en orientation n'ont pas à faire face à une hausse du coût de la vie? Le secteur public va être attrayant pour la jeune infirmière si la paye est moindre lors de son entrée dans la profession? De meilleurs candidats vont se pointer pour devenir enseignants si les salaires et les conditions de travail ne sont pas bonifiés? Même si Québec retire certaines demandes sur le régime de retraite, les employés plus âgés et expérimentés vont-ils rester au travail? Les effets de l'offre patronale doivent être évalués sous plus d'un angle.

Si le rejet de l'offre était prévisible, il fallait aussi s'attendre à ce que les syndicats annoncent la poursuite de leurs moyens de pression et des grèves dès lundi. Ils doivent cependant formuler une contre-proposition et négocier pendant que leurs membres sont sur les piquets de grève.

Nous le répétons, une entente négociée est dans l'intérêt des salariés, de l'État-employeur, des usagers des services publics et des contribuables. Des services publics accessibles et de qualité, une organisation du travail efficace, des employés motivés et productifs exigent un travail complet et non seulement un accord sur les salaires.

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