Crime organisé: demeurer alerte

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Le public doit être assuré que Québec maintient sa lutte contre la corruption et la collusion.

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(Québec) ÉDITORIAL / «Sans l'aide de la collaboration et la vigilance de la population, la lutte contre la corruption est perdue d'avance», affirmait lundi devant les parlementaires le responsable de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière. Mais pour que le public collabore, une condition est essentielle. Celui-ci doit avoir l'assurance que des enquêtes vont aboutir et mener à des poursuites criminelles et pénales, qu'importe que ce soit le milieu politique qui soit visé. Malheureusement, à quelques semaines du dépôt final de la commission Charbonneau, des doutes planent.

Pourquoi ce gouvernement abandonne, ne fait plus une priorité de la lutte contre le crime organisé? a demandé mercredi la députée péquiste Véronique Hivon, à l'Assemblée nationale. À l'instar de l'opposition caquiste, Mme Hivon s'inquiète du plan de restructuration du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et de ses effets, notamment sur le travail de l'UPAC.  

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, se défend d'abandonner la lutte contre la criminalité ou de diminuer les effectifs qui lui sont affectés. «[...] on travaille de façon différente, mais on travaille afin de s'assurer que partout au Québec on puisse s'attaquer à une criminalité qui change, une criminalité qui nous fait mal.» Le public est rassuré?

Il faudra davantage pour dissiper l'impression négative laissée par les informations des dernières semaines. Selon La Presse du 22 octobre, une demi-douzaine d'enquêtes complétées par l'UPAC «dormiraient» depuis quelques mois au bureau du DPCP. Deux de ces dossiers concerneraient le financement du Parti libéral du Québec. Toujours selon La Presse, des enquêteurs seraient démobilisés par l'absence de suivi à leur travail complété depuis le début de l'année.

À cette nouvelle, s'en ajoutent d'autres sur les inquiétudes soulevées par le plan de restructuration du DPCP, sur la démission d'une procureure chevronnée, de même que l'arrêt des procédures découlant de l'opération SharQc.

Les députés caquistes et péquistes ont profité lundi du passage du Commissaire à la lutte contre la corruption devant la Commission des institutions pour le questionner sur son appréciation du DPCP et sur le fait qu'aucun politicien, aucun argentier, aucun militant d'un parti provincial n'a été visé et poursuivi jusqu'à maintenant.

Le député Pascal Bérubé a rappelé qu'en décembre 2014, M. Lafrenière affirmait pourtant que l'année 2015 pourrait marquer la conclusion de plusieurs enquêtes sur le monde politique. «On est déjà au 11e mois de 2015, avez-vous espoir d'atteindre les résultats que vous avez évoqués l'an dernier, presque à pareille date?» «Depuis que le monde est monde que la police trouve que la Couronne ne va pas assez vite, puis que la Couronne trouve qu'elle n'a pas assez de preuve», a répliqué plus tard le président qui réitère sa confiance dans le DPCP et qui souhaite aussi que son mandat à la tête de l'UPAC soit renouvelé. Une réaction qui laisse le public sur son appétit. 

La semaine prochaine, la directrice des poursuites criminelles et pénales viendra à son tour devant la Commission des institutions pour expliquer son plan de restructuration des unités affectées à la lutte contre le crime organisé. L'exercice, réclamé par le caquiste Simon Jolin-Barrette, s'imposait. Le public doit être assuré que le Québec ne reviendra pas à la case départ.

Devant les allégations de corruption, de collusion, d'infiltration du crime organisé et de financement occulte des partis politiques, Québec a imposé plusieurs resserrements depuis 2009, avant d'acquiescer enfin à la tenue d'une commission d'enquête, en 2011. La commission Charbonneau fera connaître ses recommandations à la fin du mois. Ce n'est pas le temps de baisser la garde et d'indiquer aux délinquants que la voie est libre.

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