Bombardier: partenariat ou sauvetage périlleux?

Depuis que le projet de CSeries est lancé,... (Fournie par Bombardier)

Agrandir

Depuis que le projet de CSeries est lancé, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le programme, d'abord évalué à 2 milliards $, se chiffre maintenant à 5,4 milliards $US. L'entreprise peine aussi à ajouter des clients à son carnet de commandes fermes qui tourne toujours autour de 243 appareils depuis un an.

Fournie par Bombardier

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La société en commandite créée par Québec et Bombardier serait un «partenariat historique», selon le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Le temps dira en quoi il est historique. Parce que le gouvernement a fait un heureux pari en s'alliant à la CSeries, qui, malgré de grandes difficultés de démarrage, a fini par décoller et garantir des milliers d'emplois payants et de qualité aux Québécois, ou parce qu'il a endetté la province de 1,3 milliard $ supplémentaire pour investir dans une entreprise qui a mal évalué et géré un projet ambitieux?

Le pari du gouvernement Couillard est risqué politiquement et économiquement. Mais, il n'avait pas le choix de le prendre.

Il est facile pour l'opposition péquiste et caquiste de dire qu'il faut venir à la rescousse de Bombardier et qu'elle a confiance dans la CSeries et, par ailleurs, décrier le deal et qualifier les libéraux de piètres négociateurs. Philippe Couillard ne se gênait pas lui non plus pour affirmer que Pauline Marois jouait à la loterie avec l'argent des Québécois lorsque les péquistes avaient investi 115 millions $ dans l'exploration pétrolière à l'île d'Anticosti.

Pierre Karl Péladeau et François Legault auraient-ils pu faire mieux avec Bombardier et limiter le risque pour les contribuables? C'est une chose de négocier entre gens d'affaires. C'en est une autre de le faire lorsqu'on est à la tête d'un gouvernement et avec une entreprise dont les différentes divisions ont toujours pu compter par le passé sur le soutien de l'État en faisant miroiter des emplois. Le lien de dépendance mutuelle ne se rompt pas aisément.

Depuis que le projet de CSeries est lancé, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le programme, d'abord évalué à 2 milliards $, se chiffre maintenant à 5,4 milliards $US. L'entreprise peine aussi à ajouter des clients à son carnet de commandes fermes qui tourne toujours autour de 243 appareils depuis un an.

Il est donc étonnant, voire choquant pour certains, de voir que le gouvernement Couillard, habituellement si préoccupé par le poids de la dette et par la rigueur budgétaire, se porte au secours de Bombardier et mise sur un projet qui accuse des ratés. On peut y voir en effet une forme de contradiction. Rappelons toutefois que les grands joueurs en aéronautique - Airbus et Boeing - jouissent aussi du soutien de leur gouvernement. Si Québec avait refusé des liquidités à Bombardier, certains l'auraient accusé d'être dogmatique et de nuire à l'économie.

Les libéraux ont aussi promis de créer des milliers d'emplois et d'assurer la prospérité du Québec. Jusqu'à maintenant, le succès n'est pas retentissant. Ils pouvaient donc difficilement refuser d'aider Bombardier et risquer de compromettre 17 000 emplois (1700 liés à la CSeries et 40 000 emplois indirects) dans un secteur de pointe.

Québec aurait pu mieux négocier, prendre moins de risques, être partenaire dans toutes les divisions de l'entreprise et non seulement dans le programme CSeries? Mais si Bombardier refusait un tel deal, le gouvernement avait-il vraiment une marge de manoeuvre? Des négociations entre Bombardier et Airbus, puis avec la Caisse de dépôt et placement ont échoué ces derniers mois, dans ce cas, dit-on, à cause du contrôle exercé par la famille Bombardier-Beaudoin. Le gouvernement était manifestement une bouée de sauvetage.

Malgré sa position inconfortable, il semble que Bombardier n'était pas dépourvu d'arguments pour imposer ses conditions. Québec risquait de perdre les billes déjà placées dans l'entreprise au fil des ans (Ottawa a contribué aussi) et de mettre en péril des milliers de bons emplois. Quel gouvernement prendrait ce risque?

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer