Négocier pour le bien de tous

La présidente du Syndicat de la fonction publique... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, parle à ses troupes, qui bloquent le Complexe G.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) ÉDITORIAL / Le premier ministre Philippe Couillard et les syndicats du secteur public s'entendent au moins sur un point. Ils disent tous vouloir une entente négociée. C'est en effet le meilleur scénario, y compris pour les contribuables et les usagers des services publics.

Certains, parce qu'ils ne supportent pas la moindre perturbation, qu'ils éprouvent une haine viscérale pour les syndicats et qui croient que maintenir les employés de l'État au régime sec les rendront plus riches, préféreraient bien sûr que le gouvernement libéral fasse fi des droits des syndiqués (même lorsqu'il s'agit de grèves légales), adopte la méthode forte et brandisse la menace d'une loi spéciale pour imposer les conditions de travail aux employés des écoles, des hôpitaux, des cégeps et de la fonction publique. 

Les défis que doit relever le Québec commandent au contraire la collaboration et non l'affrontement. Oui, il faut une gestion serrée des fonds publics, mais il faut également des services publics efficaces, accessibles et de qualité dans le réseau de l'éducation, celui de la santé et dans les ministères.

M. Couillard a fait appel mardi au sens des responsabilités des dirigeants syndicaux. On attend la même chose de son équipe. Les syndicats doivent tenir compte des contraintes financières de Québec, mais le gouvernement doit voir au-delà de son cadre financier sur une ou deux années. Les impacts à moyen et long termes des contrats de travail sur la qualité et l'efficacité des services publics doivent être considérés. De même que les conséquences sur l'économie d'un gel de salaire de deux ans pour plus de 400 000 employés du secteur public et pour les autres salariés du secteur privé dont les employeurs suivront les paramètres fixés par Québec.

Même s'ils ont accordé des mandats de grève forts, les syndiqués ne s'attendent sûrement pas à obtenir l'augmentation de 13,5 % sur trois ans qu'ils réclament. Mais entre leur demande initiale et les deux ans de gel suivis de trois années de hausse de 1 % proposés par Québec, il y a un espace de négociation à explorer. Si Québec tient mordicus à son cadre financier, il doit forcément compenser et céder sur d'autres éléments qui seront considérés comme des gains pour les salariés dans l'exercice quotidien de leur fonction ou à plus long terme.

Le gouvernement répète qu'il n'a pas les moyens de donner plus. A-t-il les moyens de rendre les emplois dans le secteur public moins attrayants par rapport aux mêmes emplois dans le secteur privé? Attirer et garder une main-d'oeuvre compétente sont des objectifs que doivent viser le gouvernement et les syndicats. Un travail à mener avec transparence, équité, et en évaluant méthodiquement les emplois et non en favorisant les groupes plus populaires dans l'opinion publique.

Le gouvernement a-t-il les moyens, alors qu'il faut maximiser l'utilisation des fonds publics et accroître la productivité au Québec, de se priver de la motivation et de la collaboration des salariés de l'État, enseignants, infirmières, employés de bureau, techniciens ou professionnels? Les voies de passage sont étroites, mais les parties doivent les trouver. 

Québec aura beau se doter des équipements et des infrastructures les plus modernes, adopter les meilleurs programmes, lois ou politiques, si ceux qui doivent les mettre en oeuvre ne sont pas dans le coup, les citoyens risquent fort de ne pas voir d'effets positifs. Pour cela, il serait malvenu de recourir à une loi spéciale pour mettre fin à des grèves qui jusqu'à maintenant se déroulent dans l'ordre. Bien sûr, ces arrêts de travail perturbent le quotidien d'autres citoyens. Il ne peut en être autrement, à moins d'enlever le droit de grève aux employés de l'État et d'accepter que le gouvernement impose tout.

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