Les leçons du scrutin

Mardi, le premier ministre du Québec Philippe Couillard... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Mardi, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a réagi à la victoire de Justin Trudeau aux élections fédérales. À sa droite, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales Jean-Marc Fournier.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) ÉDITORIAL / La campagne fédérale est terminée, les élections provinciales de 2018 sont encore bien loin, mais Philippe Couillard n'allait pas se priver de tourner à son avantage les résultats du scrutin de lundi. Pour lui, la victoire de Justin Trudeau confirme le déclin du mouvement souverainiste. Ce n'est pourtant pas la seule conclusion que le premier ministre québécois peut en tirer.

En prévision des élections partielles du 9 novembre dans les circonscriptions de Beauce-Sud, René-Lévesque, Fabre, Saint-Henri-Sainte-Anne, et du grand rendez-vous aux urnes de 2018, l'évaluation des libéraux de Philippe Couillard ne doit pas porter uniquement sur le «score» du Bloc québécois, mais bien aussi sur ce qui a permis aux libéraux de Trudeau de déloger les conservateurs de Stephen Harper et d'être préférés aux néo-démocrates de Thomas Mulcair. 

Le Parti libéral du Canada a osé rompre avec le «dogme» du déficit zéro défendu par les conservateurs et les néo-démocrates. Les libéraux ont fait le choix de donner de l'oxygène à l'économie canadienne en profitant des faibles taux d'intérêt pour investir dans les infrastructures. Oui, un gouvernement Trudeau sera aux prises avec un léger déficit pour les trois prochaines années. Mais pour faire décoller une économie en panne, pour créer des emplois, pour donner de l'espoir aux Canadiens, le PLC a soumis cette proposition audacieuse qui semblait suicidaire à plusieurs, et il a gagné. 

Mardi, le premier ministre Couillard a soutenu que le niveau d'endettement plus élevé du Québec ne lui permettait pas d'agir de la même manière qu'Ottawa ou du gouvernement de l'Ontario qui a repoussé  l'échéancier de l'équilibre budgétaire. Un argument qui ne convaincra pas tous les économistes ni tous les Québécois. Lorsque l'économie manque de vigueur, un gouvernement doit la stimuler et non pas entretenir un climat de morosité. Sans être une invitation à dépenser sans compter, l'expérience du PLC montre qu'un parti n'est pas condamné à l'opposition s'il envisage des déficits.

Certains diront que Trudeau forme un gouvernement majoritaire parce que les Canadiens voulaient à tout prix défaire le gouvernement Harper. Difficile pourtant de pointer avec certitude le ou les facteurs (visions en matière d'économie, de fiscalité, d'environnement, de sécurité, de justice, de mesures sociales, de relations internationales) qui ont donné 184 députés au PLC, 99 au PCC, 44 au NPD, 10 au BQ et un au Parti vert. 

M. Couillard retient que la grande majorité des Québécois, 80 % de l'électorat, s'est prononcé pour un parti politique qui croit que le Québec va davantage progresser à l'intérieur de la fédération canadienne, et notamment la jeunesse. «Ce n'est pas un test électoral. C'est une élection qui ne concerne pas la souveraineté», a répliqué le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau. 

Pour le premier ministre, on a aussi assisté lundi à un changement de génération. Aux élections de 2018, le poids de chacune des générations prendra toute son importance. Le professeur François Gélineau, de l'Université Laval, a calculé qu'en 2018, la génération des baby-boomers, celle des  X (électeurs nés entre 1960 et 1979) et celle des Y (électeurs nés après 1980) seront égales. Tous les partis doivent s'ajuster. 

Répéter que l'indépendance était le projet des baby-boomers, longtemps plus nombreux à voter, ne dispense pas d'articuler une vision du Québec qui saura séduire une majorité d'électeurs. Y aura-t-il convergence des forces souverainistes au prochain scrutin et celle-ci aura-t-elle un attrait pour l'électorat? Justin Trudeau conservera-t-il la confiance des Québécois ou décevra-t-il comme son père? Les réponses à ces questions diront mieux que les élections de lundi si le mouvement souverainiste tire à sa fin.

Extraits du point de presse de Philippe Couillard

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