Lutter contre le décrochage à tâtons

Le Parti québécois et la Coalition Avenir Québec... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Le Parti québécois et la Coalition Avenir Québec ont dénoncé lundi que le gouvernement de Philippe Couillard abandonne les programmes de lutte contre le décrochage scolaire.

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(Québec) Le ministre de l'Éducation, François Blais, compte travailler sur deux fronts pour contrer le décrochage scolaire et atteindre un taux d'obtention de diplôme de 80 % chez les moins de 20 ans d'ici 2020 : l'amélioration de la formation professionnelle et l'autonomie des écoles. En 2009, sous le gouvernement Charest, la ministre Michelle Courchesne avait choisi 13 voies de réussite, dont deux que Québec empruntait avec la Fondation Chagnon. Même parti, autre gouvernement, autre stratégie, autre partenaire. Mais malheureusement encore une fois, sans que l'on sache vraiment si les jeunes s'en tireront mieux.

Le Parti québécois et la Coalition Avenir Québec ont tous deux dénoncé lundi que le gouvernement de Philippe Couillard abandonne les programmes de lutte contre le décrochage scolaire qu'il menait en partenariat avec divers organismes depuis cinq ans, notamment avec la Fondation Chagnon. Cette dernière a injecté 25 millions $ dans le programme Réunir Réussir depuis 2009, et Québec y allait de la même contribution financière. L'entente est terminée.

Pour le critique péquiste Alexandre Cloutier, François Blais est devenu le «ministre responsable du décrochage scolaire». Les 20 organismes régionaux qui luttaient contre le décrochage vivotent ou ont cessé leurs activités. Il craint que le progrès enregistré au cours des dernières années s'estompe. Pour le député caquiste Jean-François Roberge, renoncer à prévenir le décrochage est la pire décision comptable qui soit. Pour lui, l'année de transition du ministre Blais est une année d'abandon. Il y a risque en effet d'échapper des jeunes, de fragiliser la mobilisation de certains milieux.

Au-delà de la joute politique, la population aimerait bien savoir si la voie choisie en 2015 est celle qui permettra au Québec de diplômer plus de jeunes avant l'âge de 20 ans. M. Blais rappelait lundi que le taux de diplomation des gens de 25 ans est «largement comparable et même bien meilleur que ce qu'on retrouve au Canada et dans les pays membres de l'OCDE».

Comment faire pour éviter que des jeunes décrochent et doivent «raccrocher» par la suite après maints efforts de leur part, de leurs parents et du réseau scolaire? Tous les ministres de l'Éducation ont eu leurs idées pour améliorer la réussite. On marche par essais et erreurs, par tâtonnement, selon la saveur du jour.

Les auteurs d'un manifeste sur l'éducation au Québec, Donner une nouvelle impulsion à la réussite scolaire, cite un passage révélateur de l'évaluation de la stratégie d'intervention Agir autrement qui devait accroître la réussite et la persévérance en milieu défavorisé. «Qu'avons-nous appris des multiples mesures gouvernementales conduites depuis la fin des années 80 pour prévenir le décrochage scolaire? De toute évidence, elles ont été peu efficaces à modifier le visage de la diplomation au Québec; mais pourquoi? L'absence d'évaluation rigoureuse aura favorisé la répétition des mêmes erreurs et l'abandon des initiatives heureuses.»

En écoutant lundi le point de presse de M. Blais, on avait encore la désagréable impression d'improvisation. Bien sûr, le ministre se veut rassurant en disant que 200 millions $ sont toujours investis et qu'il faut regarder ce qui a été fait, ce qui a porté ses fruits.

Le bon sens commanderait pourtant que les meilleures pratiques et les programmes les plus efficaces soient identifiés avant de les mettre en péril faute d'un financement adéquat de la part du gouvernement. Le ministre semble miser beaucoup sur la formation professionnelle, comme si c'était la seule voie possible pour tous ceux qui éprouvent des difficultés ou un manque de motivation et qui décrochent. Il y a pourtant un immense travail d'éducation à réaliser avant qu'un jeune fasse son entrée dans une entreprise pour y apprendre un métier.

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