Voleurs de jobs sur quatre roues

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Uber se targue d'innover et d'offrir un service efficace et à moindre coût aux clients, voire d'être une valeur ajoutée en matière de transport. On pourrait dire bravo, si l'entreprise ne faisait pas fi des lois et des règles existantes et si elle ne favorisait pas une économie parallèle. La recherche de course à rabais et le désir de discipliner de mauvais chauffeurs de taxi n'excusent pas le côté délinquant d'Uber.

«Devenez chauffeur Uber - Travaillez à votre propre compte», dit l'annonce sur le Web. «Gagnez de l'argent selon vos propres conditions. En roulant à temps plein ou à temps partiel à Quebec City, vous pouvez choisir en toute indépendance votre charge de travail». «Que vous partiez au travail, vous rendiez à l'aéroport ou quittiez la ville, l'application Uber vous met en relation avec un chauffeur fiable en quelques minutes et vous propose une vaste gamme d'options à tous les prix. Le prix de la course, généralement moins élevé qu'avec un taxi, est prélevé automatiquement via l'application».

Qui peut croire en lisant cela qu'Uber est une entreprise technologique qui s'inscrit dans une économie de partage? Qu'il s'agit de «covoiturage citoyen» et non d'une concurrence directe et organisée à l'industrie du taxi réglementée?

Uber s'est mis à dos tous les chauffeurs de taxi de la planète. Tous des individus sclérosés, impolis, attardés technologiquement, incapables de supporter la concurrence et prêts à tout pour sauver leur monopole qui leur assure un gagne-pain, que leur service soit excellent ou médiocre? Tant pis pour eux s'ils ont abusé et s'ils n'ont pas évolué!

C'est là une façon pratique de voir les choses, mais elle élude une partie de la réalité.

Les chauffeurs de taxi «traditionnels» ont accepté de se plier à un cadre réglementaire. Ils paient un permis (plus de 100 000 $) et des assurances pour pouvoir exercer leur travail. Le jour où M. ou Mme Tout-le-monde transporte quelqu'un d'un bout à l'autre de la ville et en tire profit sans permis et en faisant fi des règles, des exigences de formation, des inspections et des tarifs auxquels ceux-là sont soumis, on comprend qu'ils crient à la concurrence déloyale.

Dans n'importe quel autre domaine, le concurrent qui débarquerait un bon matin en ne respectant pas les lois et les règlements qui couvrent le secteur, en ignorant les normes du travail et les lois fiscales, en encourageant le travail au noir, susciterait la grogne et s'attirerait un rappel à l'ordre des autorités ou une perquisition de Revenu Québec, comme ce fut le cas chez Uber à Montréal.

Pourquoi la réaction serait-elle différente dans l'industrie du transport? Parce qu'Uber présente un nouveau modèle d'affaires qui plait aux consommateurs à la recherche d'un moyen de transport moins coûteux? Évitons les raccourcis. Les «chauffeurs Uber» font le même travail que les chauffeurs de taxi. Ils conduisent un client d'un point A à un point B contre rémunération. Que le lien s'établisse à partir d'une application - celle d'Uber ou une autre - ne change rien à la nature du service. Tous devraient donc être soumis aux mêmes obligations et aux mêmes avantages. Les meilleurs tireront les plus grandes parts de marché.

Est-ce que le cadre actuel convient toujours? La popularité d'Uber indique que les façons de faire de l'industrie ne comblent pas tous les besoins des clients. Des améliorations et des changements s'imposent, dans certaines villes plus que dans d'autres. Montréal a plus à faire que Québec. Moderniser l'industrie du taxi et diversifier les moyens de transport ne signifie pas cependant qu'il faille retourner à la loi de la jungle et à une totale déréglementation. Les clients risqueraient de déchanter, comme ce fut le cas à Londres cette semaine. Profitant de la grève du métro, VTC Uber a triplé ses tarifs. On s'éloigne de l'économie de partage et du covoiturage citoyen...

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer