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Victoire, gifle et espoir

Est-ce le déclin pour la CAQ et son... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Est-ce le déclin pour la CAQ et son chef François Legault (photo) si les élections de 2018 prennent, comme celles de 2014, des allures de référendum? La partie risque de se corser pour M. Legault, un ancien péquiste, dans un débat opposant fédéralistes et souverainistes, Couillard et Péladeau.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Méfiez-vous de l'effet prémonitoire et ne donnez pas aux élections partielles une signification qu'elles n'ont pas. Les résultats dans les circonscriptions de Jean-Talon et de Chauveau ne présagent pas du scrutin général de 2018. Une élection complémentaire se compare à un sondage. Celui de lundi indique que la CAQ et François Legault sont en danger, que les libéraux de Philippe Couillard tirent bien leur épingle du jeu malgré une certaine grogne, et que le Parti québécois de Pierre Karl Péladeau prend un peu de mieux.

Certes, les libéraux sortent gagnants. Sans surprise, ils ont conservé leur château fort de Jean-Talon. Plus étonnant, ils ont réussi à enlever Chauveau à la Coalition avenir Québec (CAQ) que Gérald Deltell avait remportée avec près de 10 000 voix d'avance en 2014. Si une telle majorité peut fondre en une année, c'est dire comme il peut s'en vivre des revirements d'ici trois ans.

La victoire des libéraux signifie-t-elle que la majorité de la population appuie la façon de gouverner et de gérer - avec austérité ou rigueur - du gouvernement Couillard? Pas nécessairement. Jean-Talon est depuis des décennies un fief libéral. Dans Chauveau, on peut déduire que les électeurs étaient davantage fidèles à Gérald Deltell qu'à la CAQ. Même la libérale Véronyque Tremblay, une candidate ancrée dans Chauveau, a avoué avoir voté pour Deltell.

Au-delà des appuis inconditionnels au PLQ, certains électeurs ont pu choisir lundi de voter pour le parti au pouvoir plutôt que de se retrouver encore dans l'opposition pendant trois ans. D'autres ont pu préférer attendre la fin du mandat pour évaluer les impacts de la gouverne Couillard et voir poindre une embellie sous forme de baisse d'impôt ou de meilleurs services. Une année, c'est bien peu pour faire un bilan. Le gouvernement impose des restrictions budgétaires en promettant que le Québec se portera mieux après. L'échéancier électoral sonnera pour certains l'heure de vérité.

Comme en 2014, le péquiste Clément Laberge se retrouve avec la deuxième place dans Jean-Talon et le PQ doit aussi se contenter de la troisième place dans Chauveau. Le PQ n'a pas gagné mais il a fait mieux que l'an dernier. Est-ce que cela signifie que l'effet Péladeau est mineur, que le nouveau chef du PQ est incapable de mener ses troupes vers une victoire éclatante et que le parti de René Lévesque ne réussira jamais à se relever? Faut-il conclure également que la populaire conjointe du chef, Julie Snyder, n'attire pas autant de sympathie et de votes que le PQ souhaitait?

Encore là, il faut mettre des bémols. Pierre Karl Péladeau est à la tête du parti depuis moins d'un mois. À part la souveraineté, il a peu précisé ses intentions lors de la course à la direction. Les électeurs peuvent vouloir attendre le programme détaillé de son parti avant de lui accorder leur confiance. Le flou sur ce qu'est et sur ce que deviendra le PQ subsiste. Le décès de Jacques Parizeau et le respect que les Québécois ont témoigné ces derniers jours à l'ancien premier ministre n'y changent rien. Il était illusoire de compter sur un effet Parizeau pour séduire l'électorat de la région de Québec qui boude le PQ.

Est-ce le déclin pour la CAQ et son chef François Legault si les élections de 2018 prennent, comme celles de 2014, des allures de référendum? La partie risque de se corser pour M. Legault, un ancien péquiste, dans un débat opposant fédéralistes et souverainistes, Couillard et Péladeau.

Un sondage CROP réalisé entre le 16 et le 20 mai mettait le PQ en tête dans les intentions de vote avec PKP (33 % contre 29 % pour les libéraux et 20 % pour la CAQ). Dans ce même sondage, 31 % des répondants se disaient «très insatisfaits» du gouvernement Couillard. La région de Québec entretient encore son mystère avec les résultats de lundi.

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