«Le Québec qu'on veut voir»

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Le premier ministre Philippe Couillard

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(Québec) ÉDITORIAL / «Ça c'est le Québec qu'on veut voir, qu'on veut entendre», a déclaré Philippe Couillard, mardi, en rappelant que des milliers de personnes ont tendu la main à la communauté musulmane, en janvier, à la suite de l'attentat à la grande mosquée de Québec. M. Couillard a raison, mais ce Québec qu'on veut voir ou entendre n'est pas seul au rendez-vous.

J'ai reçu de nombreux messages de ce Québec en réaction à ma chronique sur l'importance, peu importe sa religion, de pouvoir choisir le lieu de son dernier repos. Mais l'autre Québec aussi s'est fait entendre...

Je vous donne des exemples du Québec que veut voir le premier ministre:

- «Nous devons tous avoir honte d'avoir laissé à cette poignée de citoyens décider du sort de ce cimetière. Ma préférence serait un cimetière multiconfessionnel, mais leur allouer [aux musulmans] une parcelle de terrain pour leur cimetière est un début. Les générations à venir régleront bien les différences culturelles. Laissons le temps au temps».

- «Lorsque j'ai fait mon testament chez le notaire il y a une quinzaine d'années, je souhaitais que mes cendres soient dispersées dans la mer en Nouvelle-Angleterre parce que j'y ai mes plus beaux souvenirs. Mais l'automne dernier, mon père est décédé et ses cendres ont été enterrées dans le lot familial à Pont-Rouge. Peu de temps après, ma mère m'a demandé pourquoi je ne voulais pas que mes cendres soient enterrées dans le même lot. J'y ai réfléchi quelque temps puis une image s'est imposée à moi: me reposer pour l'éternité blotti auprès de mes parents et mes soeurs».

- «Peu avant son décès, j'avais demandé à ma conjointe si elle désirait que mes cendres rejoignent les siennes. Ce sera  fait le moment venu. À preuve, mon nom est inscrit sous le sien, il reste deux chiffres à graver. Je serai dans son village natal de Saint-Léonard-de-Portneuf».

Ces témoignages d'ouverture illustrent à quel point le choix de l'emplacement du dernier repos est une décision très personnelle d'une grande importance pour la majorité des gens. D'où la nécessité de respecter ces choix, peu importent les raisons.

Mais l'autre Québec, que M. Couillard ne veut pas voir, s'est également manifesté.

- «Personne jusqu'à ce jour n'a eu le courage de dénoncer le manque de désir d'intégration de la communauté musulmane. Leurs multiples demandes sont la preuve qu'ils veulent reproduire chez nous les principes de leurs pays d'origine. Je comprends les gens de Saint-Apollinaire d'avoir peur de devoir changer leurs habitudes suite à l'installation de musulmans chez eux. Pensons aux piscines non mixtes, à l'interdiction d'écouter de la musique à l'école, à vouloir aussi prêter serment de citoyenneté voilée intégrale».

- «Les musulmans ne veulent pas s'intégrer à nous, et ce même après la mort. Ils exigent un cimetière exclusivement à eux, se pourrait il que se soit eux qui soient racistes?»

- «J'entends les promoteurs de cimetières musulmans répéter la nécessité de vivre ensemble. Je suis favorable au vivre ensemble lorsque nous sommes vivants, mais aussi après la mort. Si nous sommes d'accord avec le vivre ensemble, il faut montrer des preuves que c'est vrai tout le temps».

Je vous épargne le reste. Mais voilà pourquoi c'est au gouvernement qu'il appartient de trouver une solution à ce débat. Il ne s'agit pas là d'une simple controverse locale, mais d'un débat national qui commande une réponse nationale.




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