Ça vaut quoi, l'expertise?

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Des 1400 ingénieurs au service de l'État québécois, 850 travaillent pour le ministère des Transports.

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(Québec) ÉDITORIAL / La grève des travailleurs de la construction laisse dans l'ombre d'autres grévistes, les 1400 ingénieurs du gouvernement du Québec. Pourtant, un dénouement rapide et satisfaisant de leur conflit est également important pour l'économie et les finances publiques. La perte d'expertise en ingénierie, notamment au ministère des Transports, a déjà coûté assez cher aux Québécois.

Au point, que la commission Charbonneau a jugé pertinent de formuler une recommandation à cet effet. Bien qu'elle reconnaissait les progrès réalisés par Québec à la suite du rapport Duchesneau de l'Unité anticollusion, la commission l'invitait à «accélérer les efforts d'accroissement de l'expertise interne au ministère des Transports afin d'atteindre les cibles établies pour 2017 et de se doter d'un plan d'amélioration pour les années subséquentes».  

La commission jugeait primordial de «rééquilibrer le recours aux firmes de génie-conseil et de redonner aux donneurs d'ouvrage les coudées franches lorsque vient le temps de déterminer si les travaux doivent être réalisés à l'interne ou octroyés en sous-traitance».

L'expertise est au coeur des négociations entre le gouvernement et l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec dont les membres sont en grève depuis mercredi. Une cinquantaine de chantiers routiers sont touchés par le conflit. 

Le syndicat, qui réclame une augmentation salariale de 20 %, estime que le gouvernement «n'a ni l'intention ni la volonté d'assurer l'expertise en ingénierie de sa fonction publique».

Le Conseil du Trésor réplique qu'il est «résolument engagé à augmenter son expertise interne en matière d'ingénierie et qu'il a pris des mesures considérables pour y arriver depuis le 1er avril 2012». Aux Transports, le nombre total d'ingénieurs a augmenté de 61 % depuis octobre 2011, passant de 557 à 898. 

Le président du Conseil fait également valoir que des milliers de candidats (4400) sont inscrits dans une banque pour combler des postes et que parmi eux, près du tiers ont dix ans ou plus d'expérience.

Le compte y est, donc le dossier est clos? Il n'y a plus d'inquiétude à avoir sur la mainmise des firmes privées sur les chantiers et la multiplication des «extras»? 

Le syndicat a une lecture différente  et soutient que l'ingénierie de l'État est toujours vulnérable.

Son président, Marc-André Martin, soutient que 16 % des ingénieurs recrutés depuis 2012 ont déjà quitté la fonction publique. Il note qu'une longue liste de candidats ne garantit pas que l'employeur y trouvera le profil de génie et l'expérience requise pour occuper un poste. À choisir entre Hydro-Québec, le gouvernement fédéral et les grandes villes qui paient beaucoup mieux leurs ingénieurs, les ministères québécois ne feraient pas le poids. M. Martin souligne que plus de la moitié des ingénieurs récemment embauchés sont stagiaires ou en début de carrière. Ceux-ci doivent travailler avec des ingénieurs du privé expérimentés et sous la direction de cadres qui ne sont pas ingénieurs. 

Qui dit vrai? 

Difficile d'avoir l'heure juste en période de négociation. En mars, la Vérificatrice générale invitait toutefois le ministère des Transports à poursuivre ses efforts pour renforcer son expertise, et ce, en s'assurant que les intervenants sont en nombre suffisant, compétents et adéquatement formés. 

Le ministre Moreau se dit ouvert à des aménagements, mais maintient le même cadre salarial convenu avec les autres salariés de l'État. Si les parties sont incapables d'arriver rapidement à une entente, il faudra recourir à un comité externe pour dresser un portrait juste de la situation et proposer des conditions qui feront de l'État un employeur de premier et non de second choix.




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