Une erreur? Plutôt une faute

ÉDITORIAL / Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du... (La Presse, Olivier Jean)

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La Presse, Olivier Jean

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(Québec) ÉDITORIAL / Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Pierre Paradis, a fait preuve de bon sens en annonçant rapidement la réintroduction de l'obligation d'identifier les fruits et les légumes québécois vendus en vrac par la mention «Produit du Québec». La disparition de cette obligation le 4 août était et demeure incompréhensible.

Politiquement, le ministre devait agir. La levée de cette obligation aurait pu finir par devenir un symbole politique de laisser-aller et faire apparaître le gouvernement de Philippe Couillard comme indifférent à l'égard du Québec et de ses agriculteurs.

On ne peut qu'espérer que les commerces d'alimentation, même sans cette obligation, auraient continué d'inscrire «Produit du Québec» pour identifier des tomates, des concombres ou des fraises cultivés et récoltés au Québec - et ainsi les distinguer facilement de légumes et de fruits venant, par exemple, des États-Unis ou de l'Ontario. On espère qu'ils voient dans cette mention un argument de vente, car c'en est un.

L'achat local, surtout lorsqu'il s'agit de produits périssables, est une variable dont bien des consommateurs tiennent compte - avec le prix et le type de qualité qu'ils recherchent.

Mais puisque personne n'est certain que tous auraient continué de les identifier, l'obligation demeure nécessaire. Cette exigence ne peut aucunement être vue comme une contrainte. Il y a bien pire dans les réglementations gouvernementales de toutes sortes!

Ne sommes-nous pas, de toute façon, à une époque où les consommateurs, dans une proportion importante, souhaitent être mieux informés? La provenance d'un produit est une vraie information.

Dans ce dossier, ce n'est pas une erreur qui a été commise; c'est une faute.

C'en est une évidente si la hiérarchie du Ministère a estimé qu'en jetant cette obligation par-dessus bord pour les fruits et les légumes vendus en vrac dans nos épiceries, elle allégeait la réglementation. Le Ministère affirme qu'il n'en est rien, que telle n'était pas son intention.

Si on a simplement pensé qu'une telle obligation n'était plus nécessaire et que son élimination n'alarmerait personne, on s'est trompé.

Prenons un grand angle. Pour de bonnes raisons, le Ministère a abrogé un règlement qui limitait la vente de fruits et de légumes imparfaits, dits «moches». Le Règlement sur les fruits et légumes frais, qui est passé à la trappe, visait essentiellement à standardiser l'apparence des produits pour la vente.

En l'éliminant au début du mois, le Québec a ouvert la porte à la vente de fruits et de légumes imparfaits. C'est très bien.

Le hic, c'est que c'est dans ce règlement comptant plusieurs dizaines d'articles qu'apparaissait l'obligation d'inscrire «Produit du Québec». Un malheureux effet collatéral serait donc à l'origine de cette affaire.

Mais comment avoir pu ignorer que cette abrogation aurait cet effet collatéral?

S'il fallait rayer ce règlement de la carte, comment ne pas avoir prévu de façon concomitante d'inscrire cette obligation dans un autre texte, comme le ministre Pierre Paradis entend désormais le faire?

Une faute a été commise quelque part dans le haut de la pyramide du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

En annonçant le rétablissement à venir de l'obligation d'inscrire les mots «Produit du Québec», le ministre Paradis la corrige.

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