Le «courage» de la Commission des transports

Les passagers d'Orléans ne débarquent désormais à Gaspé... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Les passagers d'Orléans ne débarquent désormais à Gaspé qu'une fois par jour, en fin d'avant-midi.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

BILLET / Lundi, la Commission des transports du Québec tiendra une audience publique dans la capitale pour faire le point avec Autocars Orléans Express, un bilan obligatoire portant sur les coupes de service notamment imposées à la clientèle de la Gaspésie et de l'est du Bas-Saint-Laurent à la mi-janvier 2015.

Dans son étourderie, la haute direction de la Commission des transports semble n'avoir jamais songé à l'idée de tenir l'audience publique dans la région affectée par les compressions.

Il ne s'agissait pas de coupes ordinaires. Entre Gaspé et Rimouski, par le côté nord, on a fait passer le nombre d'arrêts de 44 à 7, en plus de supprimer un aller-retour par jour. On a aussi aboli un aller-retour entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski. Du côté sud, la Commission des transports a approuvé la réduction de 47 à 9 du nombre d'arrêts. Elle a non seulement donné son aval à la suppression d'un aller-retour par jour entre Gaspé et Rimouski et entre Carleton et Rimouski, mais elle a aussi approuvé l'abolition du service entre Gaspé et Grande-Rivière, laissant Percé, capitale touristique de la Gaspésie, sans desserte.

Maintenant, au lieu de rencontrer cette clientèle en tenant des audiences en Gaspésie, la Commission reste confortablement à l'ombre de ses quartiers.

S'agit-il d'étourderie ou de manque de courage? À moins qu'il s'agisse tout simplement de mépris, de déconnexion de la réalité ou d'obsession de la facilité. Le manque de courage pourrait bien dominer les raisons pour rester loin de la Gaspésie. Après tout, la Commission des transports avait choisi le vendredi après-midi précédant l'Action de grâces, un moment où les médias et les citoyens ont la garde baissée, pour annoncer en 2014 qu'elle avait accordé 100 % des demandes de compressions de services d'Orléans Express.

Il doit être difficile, dans ce contexte, pour les distingués commissaires, de soutenir en direct le regard d'usagers mécontents à l'endroit d'une institution censée voir à la bonne marche du transport interurbain au Québec. Il est infiniment moins compromettant de «faire face» à des gens par visioconférence, dans des salles situées à 300 et 700 kilomètres de Québec. Cette visioconférence, dans des locaux exigus de Gaspé et Rimouski, a été ajoutée en quasi-catastrophe, récemment.

En fait, au fil des ans, la Commission des transports du Québec est devenue un organisme révisant essentiellement les données comptables des transporteurs. L'examen de la qualité du service à la population, un inscrit dans les mandats de la Commission, et le pouvoir de recommandations qui devrait en découler se sont évanouis au cours des dernières années.

Une révision de dossier comme celle qui attend Orléans Express lundi devrait obligatoirement être tenue dans le territoire concerné par le service. On devrait même forcer les commissaires à utiliser ledit service. Il serait intéressant de les voir écouter le baratin du transporteur, après une nuit dans l'autocar, le seul moyen de se rendre en Gaspésie depuis les coupes de janvier 2015.

Ces coupes avaient été autorisées parce qu'Autocars Orléans Express avait déclaré des pertes de 3,6 millions $ à l'est de Rimouski en 2013 et que ce déficit n'avait pas été repris entre Montréal et Québec, où la firme jouit d'un monopole.

Il apparaît évident, devant son indifférence quant au sort des usagers, que la Commission tente de convaincre le gouvernement de changer son mandat pour limiter ses interventions à une revue comptable. Ce gouvernement n'a versé que des miettes pour maintenir un embryon de service en Gaspésie. L'ennui, c'est que le bras de fer entre l'État et la Commission se fait sur le dos des régions. On oublie que la fluidité du transport est une condition obligatoire au développement.

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