Secteur public : mariage de raison

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En quoi est-ce négatif de convenir d'une entente négociée, d'éviter la morosité économique, d'empêcher de diluer la qualité des services publics et de s'assurer que le secteur public attirera et retiendra du personnel compétent?

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ÉDITORIAL / Québec et les dirigeants syndicaux du secteur public ont réussi à s'entendre.

Plutôt que de se réjouir que d'autres débrayages, une loi spéciale et sa contestation soient évités, certains déplorent que le gouvernement mais aussi les chefs syndicaux aient cédé. En quoi est-ce négatif de convenir d'une entente négociée, d'éviter la morosité économique, d'empêcher de diluer la qualité des services publics, notamment en santé et en éducation, de limiter les départs hâtifs et massifs à la retraite et de s'assurer que le secteur public attirera et retiendra du personnel compétent?

Lorsqu'il avait formulé sa première offre en décembre 2014, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, disait vouloir négocier dans l'intérêt de l'ensemble de la collectivité. Il semble que le gouvernement et le front commun syndical ont atteint cet objectif. Souhaitons que les syndiqués partagent la même lecture.

Québec soutient qu'il respecte son cadre budgétaire, les syndicats estiment mettre un terme à l'appauvrissement de leurs membres, et des clauses normatives assurent à la population que des services, dans les écoles notamment, seront maintenus, voire améliorés. Chaque partie a fait son bout de chemin depuis le dépôt des offres et des demandes initiales. C'est ça une négociation.

En quoi maintenir la ligne dure aurait-il servi le gouvernement Couillard et les Québécois? Pour afficher un plus gros surplus budgétaire et pour pouvoir offrir des baisses d'impôt à certains avant le rendez-vous électoral de 2018? Ce projet comportait des risques.

Des syndiqués qui accordent en 2015 des mandats de grève dans une proportion variant entre 83 et 92 % révèlent une insatisfaction et une mobilisation qu'un employeur ne peut ignorer. Qui plus est, 100 000 personnes, pour la plupart des parents d'écoliers, ont participé cet automne à des chaînes humaines en faveur de l'école publique, inquiètes des réductions de services attribuables aux compressions budgétaires et aux conditions de travail que Québec voulait imposer au personnel.

Ces parents sont tombés dans le piège des syndicats qui les utilisaient pour faire avancer leur cause? Nous préférons croire qu'ils ont calculé qu'une hypothétique baisse d'impôt ne fait pas le poids s'ils doivent acheter au privé des services professionnels pour aider leurs enfants et si le système public est incapable de fournir une éducation de qualité à tous. La même logique s'applique en santé.

Autre élément, les répondants à un sondage Léger réalisé en novembre pour deux quotidiens estimaient dans une proportion de 64 % que le gouvernement gérait mal les négociations avec ses employés. L'État-employeur récoltait 28 % d'appui, comparativement à 58 % pour les syndicats.

Ajoutons à cela l'indignation soulevée par l'imposant rattrapage salarial consenti aux médecins, l'aide de 1,3 milliard $ à Bombardier, la révision de la rémunération des députés à coût nul et de récents arrêts de la Cour suprême concluant que la négociation collective et le droit de grève ont le statut de droits fondamentaux. Dans ce contexte, le gouvernement et le ministre Coiteux pouvaient difficilement s'entêter et s'en tenir à un gel salarial de deux ans et à une hausse de 3 % sur trois ans pour les 500 000 employés du secteur public.

Par ailleurs, il était irréaliste pour ces derniers de penser que l'employeur acquiescerait à toutes leurs revendications. Certains diront peut-être que l'entente de principe ne couvre pas le salaire perdu à cause des grèves, que la concession sur l'âge de la retraite est inacceptable et que la seule réussite est de préserver le statu quo dans certains cas. Rejeter l'entente pour tenter d'obtenir plus serait un pari risqué.

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