Le plus dur reste à faire

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(Québec) ll en aura fallu du temps aux premiers ministres des provinces et des territoires pour en arriver à un consensus sur une stratégie pancanadienne de l'énergie. Et ça ne devrait pas nous surprendre.

Parvenir à une entente sur un sujet aussi complexe, entre des représentants aux intérêts divergents, quand ils ne sont pas carrément contraires, est en soi un tour de force, bien que les signataires cherchent encore beaucoup à ménager la chèvre et le chou. 

La proximité des élections fédérales aura certainement pesé lourd dans la balance.

À quelques mois - voire quelques semaines - des élections, la dernière chose que pouvait se permettre le Conseil de la fédération c'est de se montrer incapable de surmonter ses divisions pour convenir de principes communs sur le dossier politique et économique le plus important du pays. 

Sans cette démonstration d'unité, il lui serait impossible de se positionner comme l'interlocuteur crédible d'Ottawa dans l'élaboration des politiques canadiennes.

Mais le plus difficile reste à faire.

En ce qui a trait aux grands principes, on peut encore masquer la division par un certain flou sur les moyens. On parle beaucoup d'«explorer» dans ce document, de partager, d'élaborer, d'améliorer. Ce sera autre chose lorsque viendra le temps de faire les choix difficiles qui devront s'imposer, tôt ou tard, si nous voulons un jour freiner les changements climatiques. 

Il y aura des centrales à fermer, il faudra mettre des projets de côté. Pour l'instant, cette stratégie repose sur l'espoir ténu que le développement des technologies nous évitera ces choix douloureux, que ces technologies nous permettront de protéger l'environnement sans pour autant nous priver des bienfaits économiques attachés aux énergies fossiles.

La réalité ne nous permettra pas d'entretenir très longtemps l'espoir de profiter ainsi du meilleur des deux mondes. 

Le premier véritable test sera celui des oléoducs sur lesquels les provinces de l'ouest misent pour le transport du pétrole. Les choix seront difficiles. Le déversement de cinq millions de litres de brut en Alberta, au moment où on apposait la touche finale à la stratégie, a ravivé les inquiétudes face au développement du réseau d'oléoducs. Cet incident ne signifie pas qu'il faut dire non à tout projet d'oléoduc pour autant, mais il illustre l'importance de se doter d'un mécanisme robuste d'évaluation technique et environnementale. 

Là aussi, la stratégie des provinces entretient l'illusion qu'il sera possible d'accélérer le processus et de le rendre plus crédible à la fois. La sécurité et la transparence sont tributaires du temps et des moyens qu'on leur consacre. La stratégie se montre plus préoccupée par le développement d'une infrastructure de transport que par l'amélioration du processus d'évaluation.

Il faut, malgré ses défauts, saluer l'effort et les compromis qu'ont dû faire les participants pour dégager un consensus. Ce document pose quand même les fondations, aussi modestes soient-elles, sur lesquelles on pourra commencer à articuler la vision commune qui fait encore gravement défaut. 

L'arrivée de la première ministre albertaine Rachel Notley dans le paysage politique canadien a probablement fait la différence entre la réussite et l'échec de ces discussions. De même, la participation du premier ministre canadien aux échanges sera essentielle pour faire un autre pas en avant. M. Harper a encore plusieurs semaines devant lui pour nous convaincre qu'il en est capable. Ou incapable.

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