L'Université Laval doit s'expliquer

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(Québec) Il est temps de faire la lumière sur la saga entourant la bonification des avantages d'après-mandat accordée par le conseil d'administration de l'Université Laval à ses hauts dirigeants.

Le conseil d'administration a doublé, en novembre dernier, la période pendant laquelle un membre de la haute direction conserve son niveau de salaire, après la fin de son mandat, période qui passait de trois à six ans. 

Selon une évaluation effectuée par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, dévoilée par le FM 93, les nouvelles dispositions représentent des coûts additionnels de 225 000 $ par année en moyenne, pour les huit cadres touchés, soit 1,4 million $ pour les six ans. 

L'opposition réclame la tenue d'une commission parlementaire pour demander à la haute direction de l'université de s'expliquer. L'Université Laval a eu amplement le temps de le faire, depuis l'annonce de ces bonifications. Si elle s'y refuse, c'est probablement la seule solution pour faire la lumière sur cette décision, qui discrédite l'administration par rapport à la communauté universitaire au moment où on demande à tous de se serrer la ceinture. 

Une commission parlementaire serait aussi une occasion d'approfondir la question, au-delà du cas de Laval, de la rémunération des administrateurs. Tant aux États-Unis que dans le reste du Canada, les universités se collent de plus en plus aux entreprises. C'était d'ailleurs au coeur de la dernière course au rectorat de Laval, en 2012, où M. Brière n'avait été élu qu'après un quatrième tour, face à celui qui est aujourd'hui ministre de l'Éducation. 

Ce rapprochement avec le privé se traduit à Laval par la multiplication du nombre de chaires. Il entraîne aussi avec lui une culture du corporatisme, qui exerce une pression sur les salaires des dirigeants. Les bonifications accordées par le conseil d'administration aux cadres constituaient une façon de contourner les restrictions imposées aux administrations publiques. 

L'année dernière, des universitaires ont trouvé un moyen original de dénoncer cette spirale. Un groupe de quatre professeurs a présenté une candidature au poste de recteur de l'Université d'Alberta. Ils se disaient prêts à diviser entre eux le salaire de 400 000 $ que recevait l'ex-présidente, Indira Samarasekera. 

À Laval, le recteur est élu par un conseil électoral auquel participent près de 140 représentants de la communauté. Si la démocratie est bonne pour le choix du ou de la titulaire de ce poste, elle devrait l'être aussi pour ses conditions salariales. La façon dont ces avantages ont été consentis, à huis clos, ne répond pas aux attentes de transparence de la part d'une institution qui reçoit des centaines de millions de dollars de fonds publics. 

Le ministre Blais pense pouvoir faire entendre raison aux administrateurs de son ancienne université, faute de quoi il menace d'imposer une coupe égale aux bonifications accordées. Cela ne saurait être une solution. En effet, la communauté universitaire serait alors doublement pénalisée, puisqu'en plus des sommes que se sont octroyées les administrateurs, elle devrait absorber la pénalité imposée par le ministère. Ce n'est plus 1,4 million $ dont elle devrait alors se priver, mais 2,8 millions $. Il est clair qu'une telle «solution» est inacceptable.

Ces chiffres, rappelons-le, sont une estimation sur une période de six ans. Cette information fait partie du bras de fer auquel se livrent Laval et le ministère, et vise à intensifier la pression. Mais la meilleure façon de crever cet abcès est encore d'obliger Laval à s'expliquer publiquement.

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