Le devoir du ministre Blais

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(Québec) Le recours au vandalisme, à la violence et à l'intimidation est inacceptable, et il est justifié que le recteur d'une université appelle les policiers en renfort pour y mettre fin. Rangeons donc les étiquettes de «pompier pyromane» et de «dérive sécuritaire». Le recteur de l'UQAM, Robert Proulx, a fait son devoir. Le ministre de l'Enseignement supérieur, François Blais, doit à son tour faire le sien en clarifiant et en balisant le «droit de grève» et la démocratie étudiante. Il faut résoudre la crise à l'UQAM et éviter de l'étendre à d'autres campus.

Le ministre Blais a affirmé jeudi que ce n'était pas le moment de mener ce débat, que l'enjeu à l'UQAM (Université du Québec à Montréal) n'était pas le droit de grève, mais bien que des personnes cagoulées terrorisent d'autres personnes et une institution. Le problème immédiat est certes celui-là, mais le ministre doit admettre que ce type de manifestation risque de se reproduire à l'UQAM ou ailleurs, tant que les paramètres de la démocratie étudiante et ses conditions d'exercice n'auront pas été définis selon la réalité d'aujourd'hui, et compris de tous. Des assemblées interminables où les votes sont pris à main levée ou de façon peu orthodoxe ne peuvent que semer la colère et la division.

Dire comme l'a fait jeudi M. Blais que le recteur Proulx ne lui a pas demandé personnellement de clarifier le droit de grève n'est pas une excuse pour reporter l'exercice. Lorsque la tension est à son maximum sur le campus, que des manifestants font de la casse et que des profs demandent sa démission, on imagine aisément que le recteur ne cause pas avec le ministre de vote secret, de vote électronique et de la façon dont pourraient s'exprimer les revendications des étudiants. 

Répéter que le gouvernement libéral de Philippe Couillard - à l'instar de celui de Jean Charest au printemps 2012 - ne reconnaît pas le droit de grève des étudiants, ne mène nulle part. «Il y a un enjeu, je comprends, et il y a un débat de société là-dessus, mais nous ne reconnaissons pas le droit de certaines personnes, même suite à un processus démocratique, quel qu'il soit, d'empêcher d'autres personnes d'étudier.» 

Une fois de plus, le passé, les pratiques historiques et les avis contraires sont balayés de la main par les libéraux. Ils estiment détenir la vérité. Qu'importe s'il y a eu des décennies de militantisme étudiant. Qu'importe si à la suite de la crise du printemps de 2012, des recteurs et de directeurs de cégep ont demandé aux élus de clarifier le droit de grève pour ne plus se retrouver coincés entre des étudiants et des enseignants divisés, des policiers et des injonctions impossibles à faire respecter. Qu'importe si cette demande a été écrite noir sur blanc dans deux rapports, celui de Serge Ménard et celui de Lise Bissonnette et John Porter. 

Trois ans plus tard, le flou juridique existe toujours, le recours aux injonctions a repris comme en 2012. Les affrontements entre étudiants et policiers aussi. Des étudiants risquent de rater des cours et leur session. Les contribuables payeront la note. Désolant. Le Parti québécois doit aussi porter une partie du blâme pour ce gâchis, pour cette répétition dont les Québécois se passeraient bien. Il n'a rien amorcé durant son passage pour modifier les règles du jeu. 

Il faudrait bien se mettre au travail plutôt que de gérer les crises successives et inévitables. Que proposent les libéraux pour que les jeunes puissent exprimer leurs revendications et fassent valoir leur point de vue, dans le respect de tous bien sûr? Le gouvernement ne doit pas répéter les mêmes erreurs que celui de Jean Charest en se montrant intraitable, en polarisant les positions. Il faut trouver une sortie de crise et non s'y enfoncer.

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