Les ennemis de nos ennemis

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(Québec) Au moment où le gouvernement s'apprête à prolonger de 12 mois l'intervention canadienne en Irak, il faut revenir sur les causes du conflit dans lequel le Canada risque de s'embourber. Il sera difficile de vaincre l'État islamique sans contrerl'oppression du régime de Bachar Al-Assad envers le peuple syrien.

Le djihadisme se nourrit du chaos et de la violence qui entraînent l'effondrement des structures. En l'absence d'une stratégie pour écarter Assad, les victoires contre l'État islamique risquent d'être éphémères. La stratégie est-elle de repousser l'EI hors de l'Irak ou de le combattre jusque dans ses retranchements syriens? Et qui occuperait le vide créé par une hypothétique défaite de l'EI en Syrie? Si notre intervention permet au régime syrien de récupérer les territoires perdus aux mains des fanatiques islamistes, cela ne nous sera jamais pardonné par ses millions de victimes.

Le premier ministre Stephen Harper devait avancer des arguments solides, concrets, pour obtenir l'appui de l'opposition dans l'extension de la mission et surtout justifier le changement de la position canadienne en ce qui a trait à des opérations en territoire syrien. Il ne l'a pas fait et tant le NPD que le Parti libéral n'avaient guère d'autre choix que d'annoncer leur intention de voter contre la motion, qui sera débattue jeudi.

Le premier ministre aurait aussi fait preuve d'honnêteté et de lucidité s'il avait mis fin à l'ambiguïté qu'il persiste à entretenir sur le rôle des forces spéciales. Il est sans doute le seul à croire que nos soldats peuvent opérer près de la ligne de front sans être en situation de combat. À ce point, la distinction ne trompe plus personne.

Les interventions militaires en Libye comme en Irak nous ont appris que les acquis du champ de bataille se perdent trop facilement sur le terrain politique. L'éclosion de l'État islamique est un reflet de l'impuissance de l'ONU, menottée par le veto de la Russie au Conseil de sécurité.

Le Canada, rappelons-le, a raté l'occasion de réintégrer le Conseil de sécurité. Notre influence ne peut pas se limiter à l'envoi de troupes. Nous avons un rôle tout aussi déterminant à jouer sur le front diplomatique, car il faudra que l'ONU se donne les moyens d'intervenir pour éviter que d'autres conflits régionaux prennent des proportions aussi catastrophiques que celui en Syrie.

Le sort du peuple syrien se joue autant à New York qu'au Moyen-Orient. Le Conseil de sécurité adoptait, voilà tout juste deux semaines, une motion condamnant l'utilisation du gaz de chlore dans le conflit en cours. La motion a été adoptée sans opposition et avec l'accord tant de la Chine que de la Russie. Le texte n'accuse pas directement le régime mais il évoque néanmoins le chapitre 7 de la charte de l'ONU, qui pourrait ouvrir la porte à un usage de la force par les pays membres.

Si cette résolution a pu être adoptée, c'est grâce aux interventions de la France, qui est prête à intervenir depuis longtemps dans l'espoir de freiner ce bain de sang. Cela nous rappelle qu'un siège au Conseil a plus qu'une valeur symbolique, qu'il permet d'exercer une influence.

Il est peut-être trop tard, déjà, pour obtenir l'accord des partis d'opposition au prolongement de cette mission mais il est encore temps pour le gouvernement de démontrer aux Canadiens qu'il a autre chose en tête que les élections lorsqu'il met la vie de nos soldats en jeu. Pour cela, il doit exposer des faits et dégager une vision claire.

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