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(Québec) Cela fait maintenant un peu plus d'un an que Pierre Karl Péladeau a fait le plongeon dans le monde politique. Jusqu'ici, il a pu jouir de la proverbiale « chance au coureur », mais plus la course en question avance, moins les erreurs seront pardonnées, car dans quelques semaines le PQ se choisira un chef, et ce sera pour le meilleur et pour le pire, pour citer un autre cliché.

La politique est une école impitoyable, et son apprentissage doit être rude pour un homme d'affaires qui n'a jamais aimé être sous les projecteurs. Tout est contre-intuitif dans le monde artificiel de la clip, où quelques secondes d'improvisation réduisent à néant deux heures de débat pour lesquelles vous prépariez depuis des semaines. 

Un politicien aguerri aurait hésité avant d'associer immigration et souveraineté, conscient du cocktail explosif que ça représente, mais M. Péladeau est tombé tête première dans un piège qu'il s'est lui-même tendu. L'erreur ne lui sera pas fatale. Ses adversaires n'ont aucun intérêt à le crucifier, car c'est tout le parti qui en paierait le prix. Cela témoigne d'ailleurs du ton de cette campagne, où tous les candidats jusqu'ici, incluant le favori, se montrent respectueux de leurs adversaires. Ceux ou celle qui espèrent convertir des partisans de M. Péladeau n'ont de toute façon rien à gagner à les indisposer, mais le ton risque de se durcir dans les jours qui vont précéder le vote. 

La dernière gaffe de M. Péladeau est éloquente, non pas sur son opinion quant à l'immigration mais plutôt sur les réflexes et l'instinct dont doit faire preuve celui ou celle qui veut assumer le leadership d'une formation politique. Dans le monde des affaires, on se définit par ses actions et les écarts de langage sont sans conséquence. En politique, on se définit d'abord par la parole, et il suffit d'un mauvais mot, au mauvais moment, pour tout faire basculer. 

C'est un art qui demande des années d'apprentissage, mais comme l'a si bien dit le candidat lui-même, le Parti Québécois ne peut pas s'offrir le luxe d'attendre très longtemps. Le prochain chef n'aura pas une grande latitude pour faire ses classes. Le récent sondage CROP Le Soleil/La Presse sur les intentions de vote est inquiétant à ce sujet. Le recul de 8%  encaissé par le Parti libéral n'a profité qu'à la Coalition Avenir Québec et à Québec Solidaire, pas au PQ.

Sur l'échiquier politique, le Parti Québécois se situe à mi-chemin entre ces deux formations. Ce dernier coup de sonde donne l'impression que la course à la direction ne produit aucun gain, ni à droite ni à gauche. Les erreurs d'un candidat dans une telle course nuisent à lui-même avant tout. Les erreurs d'un chef de parti ont de plus lourdes conséquences. Il faut s'attendre à ce que les membres du PQ soient de moins en moins tolérants. 

La position de Pierre-Karl Péladeau est aussi avantageuse qu'elle est délicate. Un candidat qui amorce une campagne avec un maximum d'appuis a toujours plus à perdre qu'à gagner quand la campagne s'étire. 

Dans le le langage des affaires, on parle de « burn rate », ou taux d'érosion du capital, pour décrire la vitesse à laquelle une entreprise dépense l'argent qu'elle possède pour développer un nouveau produit, un nouveau marché. À ce stade-ci, il n'y a  pas de raison de s'inquiéter pour M. Péladeau, qui jouit d'appuis peuvant encore lui permettre d'espérer une victoire dès le premier tour de scrutin, mais avec le temps, les bévues coûteront de plus en plus cher, et elles risquent de gruger son capital de votes.

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