La fatalité de la guerre

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(Québec) La mort du sergent Andrew Joseph Doiron, sur le front irakien, devrait mettre un terme aux faux-fuyants et aux demi-vérités. Lorsqu'un soldat est tué parce que des alliés l'ont confondu avec l'ennemi, n'importe qui peut conclure qu'il se trouvait dans une zone de combat. Prétendre le contraire, c'est nier l'évidence.

La mission canadienne tire à sa fin, et ce que tous pouvaient prédire depuis le début est en train de se produire, une mission de quelques mois se transforme en engagement à long terme, progressivement.

Il y a d'abord eu l'envoi de «conseillers» pour une première mission de 30 jours, en septembre 2014, qui a ensuite été renouvelée pour six mois, en même temps que le Parlement votait en faveur de l'envoi de 600 soldats pour participer aux frappes aériennes de la coalition contre les insurgés islamistes.

Le ministre des Affaires étrangères, Rob Nicholson, s'est rendu en Irak la semaine dernière pour déterminer quelle serait la contribution du Canada à la nouvelle phase qui s'amorce. Il a comparé la situation de l'Irak à celle de l'Afghanistan, où notre participation allait au-delà de l'action militaire. Cela efface tous les doutes qui pouvaient subsister sur la durée de notre participation. Le contingent qui doit prendre la relève pour cette opération est déjà à l'entraînement.

«Pour être tout à fait clair, l'engagement canadien en Irak n'est pas une mission terrestre de combat», déclarait M. Harper en octobre dernier. Ça n'était pas clair à ce moment mais ça l'est un peu plus aujourd'hui, à la suite du tragique incident qui a fait un mort et trois blessés. 

Il n'y a malheureusement pas de cloison étanche qui assure une protection infaillible aux «conseillers» qui participent à un conflit aussi meurtrier que celui qui se déroule en Irak. Il est temps que le gouvernement le reconnaisse et cesse de jouer sur les mots avec cette distinction imaginaire entre ce qui est ou n'est pas une mission de combat.

Lorsqu'on envoie nos soldats sur la ligne de front, qu'ils échangent des tirs avec l'ennemi, comme ça s'est produit à plus d'une reprise depuis le début de l'année, il s'agit d'un combat. Le rôle du Parlement est d'en définir l'étendue, pas de nier son existence.

Cela a l'avantage d'être «clair», pour reprendre les mots du premier ministre, mais aussi de rendre justice à la mémoire du sergent Doiron.

Le premier ministre avait aussi déclaré qu'il serait facile pour le Canada de mettre un terme à son action dans ce conflit. C'est faux, comme on peut le constater avec les déclarations du ministre Nicholson.

Mais malgré l'ambiguïté entretenue par le gouvernement sur notre rôle, nous ne pouvons pas rester à l'écart de cet affrontement, et les Canadiens semblent prêts à l'accepter. Les Forces d'opérations spéciales peuvent jouer un rôle essentiel en enseignant aux soldats irakiens et kurdes l'utilisation des armes guidées par GPS et par laser.

La seule façon de défaire l'État islamique est de lui arracher le territoire conquis. C'est par le territoire que l'organisation se définit et c'est lui qui détermine sa force d'attraction.

Mais les armes à elles seules n'assureront pas la victoire. Si le Canada veut réellement contribuer à la résolution de ce conflit, il devra aussi déployer des efforts pour éviter que le renversement de l'État islamique ouvre la porte à des représailles sanglantes entre les groupes religieux irakiens. C'est là que se décidera l'issue de ce conflit. Si on échoue sur ce plan, le sergent Doiron sera mort pour rien, car il faudra tout reprendre à zéro.

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