Le grand vide à l'Environnement

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La protection de l'environnement n'a pas toujours été au sommet des priorités de l'État québécois, mais aujourd'hui, on doit admettre que ce dossier est tombé au bas de l'échelle. Le projet de loi 37, qui soustrait définitivement la construction de la cimenterie de Port-Daniel-Gascons de la juridiction du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, n'a fait que confirmer l'érosion des mécanismes qui devaient guider les décisions gouvernementales.

Mercredi, le ministre David Heurtel annonçait qu'il procéderait à une «modernisation en profondeur» du régime d'autorisation environnementale de la Loi sur la qualité de l'environnement.

Parmi les quatre objectifs qu'il s'est fixés, cette révision vise à «intégrer la lutte contre les changements climatiques» dans le processus; et aussi à «alléger et clarifier les démarches d'autorisation dans le but d'augmenter l'efficience du ministère».

Après la leçon magistrale que lui a servie la Cour supérieure, qui a interrompu les travaux de forage de la compagnie Trans-Canada à Cacouna, et après qu'il eut menti sur les informations que détenait son ministère quant aux émissions que produira l'usine de Ciment McInnis, comment peut-on avoir confiance dans la capacité de M. Heurtel à mener à bien l'exercice qu'il amorce?

Au rythme où il accumule les gaffes depuis son entrée en poste, il ne peut que se réjouir de la performance désastreuse de son collègue Yves Bolduc, sans quoi il aurait mérité une place en tête de liste dans ce remaniement qui doit être annoncé aujourd'hui.

Tout n'est pas entièrement de sa faute, remarquez. M. Couillard savait probablement ce qu'il faisait en le choisissant pour ce poste. Il ne voulait pas d'un titulaire capable de lui tenir tête, comme lui-même l'avait fait à la Santé, face à Jean Charest, dans le dossier du CHUM. Le chef libéral avait déjà annoncé ses couleurs pendant la campagne électorale, en déclarant qu'il ne «sacrifiera pas une job dans la forêt pour les caribous forestiers».

Son intention n'était sans doute pas de minimiser l'importance du dossier de l'environnement, mais quel autre message pouvait-on en retenir dans ce contexte? La suite des choses, depuis, a amplement démontré que cette impression était la bonne.

Il y a pourtant eu des époques où d'autres ministres, plus coriaces, plus compétents, conscients de l'importance des enjeux, ont fait avancer la cause. Mais l'ère des Clifford Lincoln et Thomas Mulcair semble malheureusement révolue. Tant à Ottawa qu'à Québec, Leona Aglukkaq et David Heurtel agissent comme de simples courroies de transmission des volontés de leur premier ministre respectif.

Dans ce contexte, limiter l'impact environnemental signifie limiter l'impact que les questions d'environnement risquent d'avoir sur l'exploitation des ressources, plutôt que l'inverse.

On ne pourra pas toujours se fermer les yeux, comme on le fait présentement, sur l'impact qu'aura la cimenterie gaspésienne sur nos émissions de GES. Personne n'est contre la création d'emplois dans l'est du Québec, mais la solution retenue a un coût environnemental, et on devra le payer tôt ou tard.

Nous approchons rapidement des échéances prévues aux protocoles internationaux, et de la Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de (COP21) qui se tiendra à Paris, en décembre prochain. Alors que les pays devraient manifester un leadership grandissant pour s'attaquer à ces problèmes, c'est exactement à l'inverse que l'on assiste chez nous.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer