D'abord la fouille, puis le cafouillage

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(Québec) Encore une fois, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, devant une controverse, trouve le moyen d'empirer les choses pour se voir ensuite forcé de ravaler ses paroles, autant pour en limiter l'impact que pour gérer ce qui est devenu une crise.

Si M. Bolduc était alchimiste, il chercherait peut-être le moyen de transformer de l'or en plomb. Les seuls qui souhaitent le voir conserver son poste au-delà de l'été sont les députés de l'opposition.

Personne ne peut douter de son dévouement, mais la fonction de ministre exige que le titulaire soit capable non seulement d'articuler une vision, mais aussi d'inspirer la confiance par son discours. M. Bolduc, malheureusement, échoue à ces deux tests.

En période de restrictions budgétaires, pour ne pas dire d'austérité, le ministère de l'Éducation se retrouvera plus d'une fois au coeur de la tempête. Avec un tel capitaine, l'équipage a de bonnes raisons de craindre un naufrage.

Le ministre a sans doute été mal conseillé lorsqu'il a déclaré qu'une fouille à nu «respectueuse» était acceptable. Le terme respectueux vient du Cadre de référence sur la présence policière dans les écoles, qui stipule qu'une «fouille doit s'effectuer de manière respectueuse et être la moins envahissante possible».

Mais s'il avait le moindrement réfléchi, M. Bolduc aurait vu que nulle part dans le document en question on n'évoque la procédure à laquelle la jeune fille dit avoir été soumise. De plus, Dieu seul sait comment il a pu conclure qu'une intervention aussi invasive était la fouille la «moins envahissante».

Cela aurait dû suffire pour lui faire comprendre que ce dossier était explosif et demandait du doigté. Mais grâce à lui, son ministère est devenu, l'espace d'une journée, la risée en dehors du pays. Ce n'est pas rien.

Plusieurs voudront peut-être ergoter sur ce qui constitue, ou ne constitue pas, une fouille à nu, mais obliger une élève à se dévêtir, même cachée par un paravent, pour examiner ses sous-vêtements, ne peut pas être qualifié autrement. C'est une procédure blessante, voire humiliante, qui n'a pas sa place dans une école.

La famille de l'adolescente a l'intention d'intenter une poursuite afin, selon son avocat, d'éviter la répétition d'un tel scénario. Le ministre a quant à lui annoncé qu'il demanderait à une personne indépendante de mener une enquête, une procédure qui risque de s'étirer en longueur. Devait-on vraiment en arriver là?

Le ministre doit évidemment soutenir les personnes qui ont la tâche ardue, et parfois déchirante, de gérer les établissements scolaires dans des conditions difficiles. Mais il est aussi le mandataire des parents et des familles, dont il doit défendre les intérêts.

Devant un événement aussi grave, son cabinet aurait dû communiquer, à la première occasion, avec les parents de la jeune fille pour entendre leur version des faits. C'était l'une de ses premières responsabilités.

Quant à la commission scolaire de la Capitale, les explications qu'elle a fournies jusqu'ici sont insatisfaisantes. Elle a sans doute les mains liées en ce qui concerne les informations personnelles relatives à cette affaire, mais cela ne l'empêchait pas pour autant de dire clairement ce qui a été fait d'abord pour permettre à la jeune fille de joindre ses parents, et aussi ce que la direction a elle-même fait pour informer la mère au moment où on a décidé de procéder à la fouille.

Affirmer qu'il n'a «jamais été refusé à l'élève de communiquer avec sa mère», comme le dit le dernier communiqué, ne répond à aucune de ces questions.

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