Qui mérite un meilleur salaire?

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(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard et son président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, n'écartent pas que le salaire de certains types d'emplois soit revu à la hausse dans le secteur public. Le message peut paraître contradictoire en cette période de «rigueur» budgétaire. Certains accuseront les deux hommes de vouloir ainsi diviser les rangs syndicaux pour mieux régner. Or si Québec veut attirer les meilleures recrues, conserver son expertise et ne pas dépendre des sous-traitants,  il n'a pas le choix d'envoyer un tel signal. Sinon, le gouvernement du Québec risque d'être encore au cinquième, voire au sixième rang des choix d'employeurs.

Dans la présente série de négociations, Québec veut geler le salaire de ses 540 000 employés pendant deux ans et les relever par la suite de 1 %, et ce, pendant trois ans. Les grandes centrales réclament pour leur part une hausse de 4,5 % par année pendant trois ans. Les pourparlers doivent aller au-delà de cet exercice. C'est aussi à une évaluation des emplois que les parties doivent consacrer de l'énergie afin de rehausser dans un proche avenir la rémunération de certaines catégories d'emplois qui n'est plus compétitive avec celle versée dans le secteur privé, la fonction publique fédérale et les grandes villes.

Dans la stratégie de gestion des ressources humaines 2012-2017, on note que la classification des emplois n'a pas été revue en profondeur depuis les années 70. «À l'égard de nombreux emplois, elle n'est plus à jour par rapport, notamment, au contenu des programmes scolaires, à l'évolution des technologies et à ce qui peut être observé chez d'autres employeurs.» On semble loin de l'État du XXIe siècle souhaité par M. Coiteux.

Le travail est amorcé. La Loi sur l'équité salariale a forcé une évaluation des emplois à prédominance féminine qui a mené à une bonification de la rémunération pour certaines et certains. Il faut poursuivre l'évaluation et la classification, et traduire le tout en espèces sonnantes (en salaire, en primes ou autres avantages). 

Il faut relativiser la facture à payer pour l'État. Il y a aussi un coût à assumer pour le gouvernement s'il peine à recruter et à retenir les meilleurs éléments dans ses ministères, dans ses établissements de santé ou ses écoles. Le gouvernement perd aussi de l'argent lorsqu'il embauche et forme des jeunes qui, après quelques années d'expérience, vont faire profiter d'autres employeurs de leur expertise.

On a vu à la commission Charbonneau que la perte d'expertise au ministère des Transports peut se révéler coûteuse pour les contribuables. Le même problème semble se répéter en informatique. La Coalition avenir Québec demande d'ailleurs une enquête dans ce dossier. Cet automne, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec s'inspirait d'une étude de la Commission de la fonction publique du Québec pour signaler que 41 % des contrats de services professionnels en informatique étaient en réalité des contrats de travail.

Le défi de recrutement du gouvernement ne se limite pas seulement aux ingénieurs, aux analystes et aux techniciens en informatique. Québec doit aussi se positionner comme un employeur de choix auprès des actuaires, des adjoints administratifs, des experts comptables, des professionnels en finances, des économistes, des évaluateurs agréés. Même pour certains métiers spécialisés, un job dans le secteur public n'est plus l'objectif à atteindre. 

Le président Coiteux dit formuler des «propositions responsables» qui correspondent à la capacité de payer des Québécois. Très bien. Son sens des responsabilités, ainsi que celui des syndicats, doit aussi prévoir des moyens d'assurer l'attraction et la rétention d'employés compétents.

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