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(Québec) On croit rêver. Québec présente un projet de règlement pour permettre aux infirmières d'exercer des activités professionnelles supplémentaires et les médecins sont d'accord. Pas de résistance en vue de la part de la Fédération des médecins omnipraticiens, si bien que tout pourrait être appliqué dès l'automne et permettre à des patients d'être vus plus rapidement et en toute sécurité pour un besoin de contraception, de traitement de plaies ou d'infections transmises sexuellement ou par le sang. Une rare harmonie qu'on souhaite contagieuse.

La redistribution et le partage des rôles créent habituellement des tiraillements dans le domaine de la santé et nécessitent de longues tractations qui s'étirent sur des mois, voire des années. Il a fallu 10 ans pour aboutir en 2002 à la loi 90 et à la modernisation du champ d'exercice de 11 ordres professionnels de la santé.

Plus récemment, ce sont les pharmaciens qui ont obtenu que certains actes soient posés par eux dans leur officine de quartier, et non plus seulement par des médecins. Chaque fois, on dit bien sûr veiller sur la santé et la sécurité des patients pour expliquer les lenteurs. Il faut bien le dire, on veille aussi en même temps sur son chèque de paye, sur ses pouvoirs et sur le respect d'une certaine «hiérarchie».

Cette fois-ci, infirmières et médecins semblent vouloir changer de modèle. La collaboration et la complémentarité ne semblent plus un simple voeu pieux. Que l'on parle au Collège des médecins, à l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec ou à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, tous qualifient le projet de règlement présenté dans la Gazette officielle du 7 janvier de «gagnant-gagnant-gagnant». Infirmières, médecins et patients y trouvent leurs comptes.

On pourrait ajouter le contribuable, car la rémunération de l'infirmière est moindre que celle du médecin. Une meilleure organisation des soins peut également permettre des économies de temps et d'argent.

Quelque 8000 infirmières, sur les 73 000 que compte la profession, auraient la formation et l'expérience requises pour utiliser le droit de prescrire (analyses de laboratoire, produits, médicaments topiques, pansements pour le soin des plaies, médicaments à caractère préventif) dans certaines situations cliniques prévues dans le projet de règlement.

Le travail ainsi réalisé par les infirmières des services à domicile, des services de santé publique ou en milieu scolaire permettrait de dégager du temps pour des cas qui nécessitent réellement l'intervention du médecin. Ce dernier pourrait donc être plus disponible pour les patients qui commandent des soins plus pointus. Il y a de la place et du travail pour tout le monde. Toutes les parties concernées semblent maintenant le comprendre, accepter de collaborer et de ne plus travailler en vase clos.

L'obligation de communication inscrite dans le règlement aurait dissipé les craintes exprimées par certains. Le fait que l'on précise la formation et l'expérience exigées des infirmières aussi. On compte également sur un comité de vigie. Bref, quand la volonté est là, il est possible d'y arriver.

Les malades attendent cela depuis longtemps, eux qui peinent à obtenir un rendez-vous avec un médecin dans de brefs délais. Ils ne tiennent pas toujours mordicus à un médecin, mais bien à des soins rapides et de qualité.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, semble aussi vouloir que les infirmières prennent plus de place dans le réseau. S'il veut que les médecins voient plus de patients dans une année - c'est le but du projet de loi 20 -, un recours accru à celles-ci et à d'autres professionnels de la santé est incontournable.

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