Commotions: s'attaquer à la cause

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(Québec) C'est bien beau la volonté de Hockey Québec d'exiger que l'entraîneur, le jeune joueur et ses parents signent un contrat pour préciser la responsabilité de chacun lorsqu'on soupçonne une commotion cérébrale. Il vaudrait mieux encore agir en amont en réduisant au maximum les risques. Ce qui implique d'oser changer les règles du jeu et d'éliminer les mises en échec pour les moins de 15 ans.

Prévoir une meilleure prise en charge lorsqu'un joueur est blessé sur la glace est certes une façon de limiter les effets néfastes à sa santé. Mais le mal est fait. Il faut identifier la cause si on veut voir diminuer le nombre de commotions cérébrales dans les sports. Selon l'Association des neurologues du Québec, la mise en échec est la principale cause des commotions au hockey. Elle propose donc d'interdire les mises en échec pour les moins de 15 ans et de les permettre seulement par la suite aux joueurs d'élite masculins.

Le remède suggéré - un contrat de commotions - apparaît donc trop léger et insuffisant pour endiguer le problème. Hockey Québec en est bien conscient puisque l'organisation jongle aussi avec la possibilité d'éliminer presque entièrement les mises en échec dans le hockey mineur.

Au Canada, entre 200000 et 300000 cas de commotions cérébrales surviendraient chaque année lors de la pratique d'un sport. Pour certains, dont les neurologues du Québec, les commotions cérébrales ne sont rien de moins qu'un problème de santé publique chez les jeunes. D'où l'urgence d'agir. D'où la nécessité de se doter d'une stratégie qui ne sert pas qu'à restreindre l'étendue des dégâts et à se donner bonne conscience.

Heureusement, les mentalités évoluent. De meilleures connaissances scientifiques, la médiatisation de l'état de santé de certains athlètes professionnels (pensons à Sidney Crosby), la judiciarisation de cas au football et au hockey, et une plus grande sensibilisation poussent le monde du sport à revoir ses pratiques.

Il n'a pas vraiment le choix. Dans certains sports, les joueurs abandonnent la discipline lorsque le jeu se fait plus rude et que les mises en échec sont permises. Mieux informés, des jeunes et leurs parents concluent qu'il ne vaut pas la peine d'hypothéquer sa santé, de perdre sa mémoire et d'accroître les risques de développer des maladies neurodégénératives pour mettre une rondelle dans un filet ou amener un ballon dans la zone des buts.

En janvier 2014, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Marie Malavoy, avait créé un groupe de travail sur les commotions cérébrales, reconnaissant qu'il s'agit d'un réel problème de santé publique. En plus de vouloir un état de la situation, la ministre péquiste réclamait des pistes pour améliorer la prévention, la détection et le suivi. Presque 12 mois plus tard, les recommandations du groupe ne sont toujours pas rendues publiques.

Dans l'opposition, les libéraux avaient reproché au gouvernement Marois de ne pas agir assez vite. Ils estimaient que Québec perdait au moins six mois alors qu'il pouvait rappeler le projet de loi 496 préparé sous le gouvernement Charest. Ce projet prévoyait le retrait immédiat d'un jeune ayant subi ou pouvant avoir subi une commotion cérébrale dans le cadre d'une activité sportive scolaire, ainsi qu'un protocole de retour au jeu à la suite d'une autorisation d'un professionnel de la santé.

Finalement, c'est l'équipe libérale qui devra donner suite au rapport du groupe de travail et insuffler une direction en la matière. Le Québec devrait faire preuve d'audace et notamment retirer les mises en échec au hockey mineur, comme il l'avait fait par le passé au niveau pee-wee. D'autres provinces l'ont critiqué en 1978 lorsqu'il a donné ce coup de barre, mais son exemple a néanmoins été suivi. Les commotions cérébrales entraînent des coûts pour le système de santé. C'est un argument qui devrait inciter le gouvernement Couillard à agir.

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