La poudrière et le pyromane

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(Québec) «Tout comme les Français construisent à Paris et les Anglais construisent à Londres, les Israéliens construisent à Jérusalem [...]. Nous avons construit à Jérusalem par le passé, nous construisons en ce moment même à Jérusalem, et nous continuerons à construire à Jérusalem.» Le président israélien, Benyamin Nétanyahou, a encore une fois signifié son inflexibilité mardi après que son gouvernement eut annoncé son intention d'accélérer la construction de 1000 logements à Jérusalem-Est. Et ce ne sont pas les remontrances d'usage de la communauté internationale qui le feront reculer.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a déjà dit par le passé que les colonies israéliennes dans les territoires occupés étaient illégales et constituaient un frein aux processus de paix israélo-palestinien, s'est réuni d'urgence mercredi pour débattre de la poursuite de la colonisation par le gouvernement Nétanyahou. Israël a dit lundi vouloir relancer massivement la construction de logements à Jérusalem-Est en représailles à un gouvernement d'union palestinien agréé par la communauté internationale.

Constitué de technocrates, ledit cabinet est le fruit d'un accord de réconciliation entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, considéré tant par Israël que Washington comme un groupe terroriste. Que le nouveau gouvernement d'union ne comporte aucun ministre du Hamas, qu'il adhère à la non-violence, qu'il reconnaisse l'État d'Israël et qu'il respecte les engagements passés, comme l'a souligné cette semaine l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Dan Shapiro, ne change rien à l'intransigeance du gouvernement Nétanyahou, qui accuse son allié américain de trahison.

«C'est [la colonisation] la réponse sioniste appropriée quand on nous crache dessus. Je parle de nos voisins palestiniens, mais aussi du reste du monde», a déclaré sans rire cette semaine le ministre israélien du Logement, Uri Ariel.

La rencontre du Conseil de sécurité n'aura abouti à rien de concret. Tout au plus aura-t-elle été l'occasion pour les États membres de réitérer leurs habituelles critiques contre les visées colonisatrices d'Israël. Et même si la réunion avait débouché sur quelque résolution, Israël n'en aurait cure, lui qui s'est toujours royalement fichu des résolutions 446 et 465 du Conseil de sécurité décrétant que les colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés sont contraires à la IVe convention de Genève.

Les États-Unis ont beau taper du pied devant la rigidité de Nétanyahou, ils ne feront jamais rien qui puisse compromettre sérieusement les relations stratégiquement étroites qu'ils entretiennent avec Israël. Et ça, Nétanyahou le sait. L'espoir réside donc dans la diplomatie. Et dans la pression qu'a commencé à mettre le monde, particulièrement l'Europe, sur Israël. La Suède vient par exemple de reconnaître officiellement l'État de la Palestine, une première pour un pays occidental. Le Parlement britannique a aussi voté en faveur d'une telle reconnaissance il y a peu. Et l'Union européenne a récemment annoncé qu'elle songeait à sanctionner Israël pour chaque nouveau projet de colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

La Palestine, qui a obtenu le statut d'État observateur à l'ONU en 2012, pourrait également faire appel au Tribunal pénal international ou à la Cour internationale de justice. Sauf que Washington et l'Union européenne s'y opposent, même s'ils ont tous deux dénoncé les projets de colonies d'Israël.

Le secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Jeffrey Feltmann, a déclaré mercredi que la poursuite de la colonisation à Jérusalem-Est ferait naître des doutes sérieux quant à la volonté d'Israël de travailler à l'instauration d'une paix durable avec les Palestiniens. Il ne fait en réalité aucun doute qu'Israël n'a pas la moindre intention d'oeuvrer pour la paix et sa prémisse : une solution à deux États. L'État hébreu ne veut pas d'un État palestinien. Dans cette optique, ce n'est pas tant la paix qu'il cherche qu'à coloniser et à prendre le contrôle des secteurs les plus névralgiques des territoires palestiniens... en paix.

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