Le protocole et puis après?

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(Québec) Jusqu'à la semaine dernière, l'épidémie d'Ebola était le problème des autres, une crise éloignée qui ne risquait pas de déborder du cadre de l'écran de télévision.

Plus maintenant. 

Les erreurs commises dans la détection et le traitement du premier malade découvert aux États-Unis nous ont fait réaliser que tout pouvait basculer en très peu de temps. Thomas Eric Duncan est peut-être mort parce que les mesures en place à l'hôpital étaient inadéquates et que, pour cette raison, il n'a pu être soigné à temps. 

Et quand il a reçu des traitements, les protocoles en place étaient à peu près inexistants, les équipements de protection de mauvaise qualité, et les infirmières n'avaient reçu aucune formation pour les utiliser. 

L'effet domino ne s'est pas arrêté là. Un des préposés ayant manipulé des échantillons contaminés est parti en croisière et une infirmière qui ressentait déjà de la fièvre a été autorisée par le Center for Disease Control des États-Unis à prendre l'avion. 

C'est ainsi qu'au lieu de soigner et de contenir un seul cas, les États-Unis doivent maintenant contrôler des centaines de personnes pour s'assurer qu'aucune autre n'a été contaminée.

La bonne nouvelle, dans tout ça, c'est que l'expérience de notre voisin nous évitera peut-être de répéter ces erreurs. On doit reconnaître l'importance d'être non seulement vigilants, mais surtout préparés. 

L'Institut national de santé publique a émis ses recommandations quant aux mesures à prendre par les hôpitaux québécois. Deux établissements montréalais ont été désignés pour soigner les porteurs du virus. 

Mais il faut aussi former le personnel dans les urgences des autres hôpitaux et dans les cliniques. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, disait cette semaine que les protocoles «sont placardés dans toutes les cliniques et dans tous les hôpitaux». 

S'il suffisait de placarder des protocoles pour se protéger, il n'y aurait rien à craindre, en effet, mais ce ne sont pas les babillards qui soignent les malades. 

Sur les ondes de Radio-Canada la semaine dernière, le Dr Richard Marchand, microbiologiste et infectiologue à l'Institut de Cardiologie de Montréal, racontait que lors de simulations faites en prévention d'infections, les infirmières qui n'avaient pas eu l'occasion de s'entraîner avec l'équipement de protection se contaminaient elles-mêmes les premières fois. « Ça prend plusieurs répétitions, cinq ou six fois, avant de maîtriser le protocole », expliquait-il. 

La manipulation des échantillons contaminés exige des installations de confinement de niveau 4, le plus élevé. Cela requiert un entraînement quasi militaire avec une chaîne de commandement bien établie, ajoute-t-il.

Ce que l'expérience des États-Unis nous enseigne surtout, c'est l'écart important qui existe entre les déclarations des autorités et la réalité. Avec des équipes déjà mobilisées à 100 % par leur travail quotidien, on a toutes les raisons de croire qu'en dehors des deux hôpitaux désignés, l'entraînement est réduit au strict minimum, quand il n'est pas inexistant. 

C'est à peu près ce que confirme le CHU de Québec, qui estime que son personnel est prêt, que l'expérience vécue avec le virus H1N1 l'a bien préparé et qu'il n'a pas besoin de formation additionnelle.

Il faut en douter. Le protocole pour Ebola est plus complexe que pour le H1N1, les risques beaucoup plus grands et la moindre erreur peuvent avoir de lourdes conséquences. Il ne s'agit pas d'être alarmiste, mais on n'a malheureusement pas le luxe d'attendre qu'un cas se présente pour savoir si le protocole fonctionne. 

Plus le nombre de victimes augmente en Afrique, plus le risque est grand de voir le virus arriver chez nous. Il faut s'y préparer. Calmement, mais bien.

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