Pas dupes, les Québécois...

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Les gouvernements fédéral et albertain ont lancé lundi un site Internet de surveillance des sables bitumineux afin de faire connaître à la population les «vrais faits» sur l'impact environnemental de cette industrie. Et de rendre, ultimement, celle-ci socialement acceptable. Un défi colossal, particulièrement au Québec.

Un sondage réalisé auprès de 1013 Canadiens et 1007 Américains par la firme Nanos Research et le Centre international Woodrow Wilson, dont La Presse a fait état lundi, révèle que les Québécois sont les seuls à exprimer majoritairement (53,4 %) une préférence à continuer de consommer du pétrole produit dans des pays comme l'Algérie ou le Nigeria si cela permet de réduire l'empreinte sur l'environnement. Seulement 39 % croient au contraire qu'il faut viser l'indépendance énergétique en augmentant la production de pétrole issu des sables bitumineux albertains, même si celle-ci génère plus de gaz à effet de serre (GES) que l'extraction du pétrole conventionnel.

Conscients que le pétrole albertain a mauvaise presse, et déterminés à développer de nouveaux marchés pour cette industrie, Ottawa et Edmonton ont élaboré un «portail sur la surveillance environnementale des sables bitumineux». En principe, on devrait se réjouir de l'initiative, surtout que le site est alimenté par des données sur l'eau, l'air et la biodiversité recueillies par des scientifiques du gouvernement canadien, et non par l'industrie.

Le problème, c'est que l'environnement n'est pas la matière forte du gouvernement conservateur. Et qu'on sait qu'il exerce un contrôle absolu de l'information, qu'il muselle ses scientifiques et qu'il a coupé dans les budgets de recherche, notamment en environnement. Dans ce contexte, comment prêter foi aux informations qui seront diffusées dans le portail?

«Globalement, les niveaux de contaminants présents dans l'air et dans l'eau ne sont pas préoccupants», note-t-on dans une présentation des données. Pas préoccupants pour qui? Pour les conservateurs, qui pensent que les changements climatiques sont une vue de l'esprit? Pour le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, qui prétend que «les gens ne s'inquiètent pas autant qu'avant d'un réchauffement de deux degrés»? Et que les sables bitumineux sont «verts»?

Depuis qu'ils sont au pouvoir, les conservateurs banalisent le réchauffement climatique et les impacts environnementaux liés à l'industrie des sables bitumineux albertains, en plus de soustraire le Canada à ses engagements internationaux sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. S'ils souhaitent favoriser l'acceptabilité sociale du pétrole albertain et nous convaincre du sérieux de leur volonté de protéger l'environnement, il leur faudra faire davantage qu'un portail de soi-disant surveillance des sables bitumineux.

Du reste, il est faux de prétendre que l'indépendance énergétique du Québec passe nécessairement par le développement des sables bitumineux albertains, comme tente de nous le faire croire le gouvernement Harper. D'autres options qui permettent de renforcer cette indépendance tout en luttant contre les changements climatiques s'offrent au Québec, qui dispose d'importants surplus énergétiques et qui aurait tout avantage à électrifier ses transports.

Bien sûr, ce n'est pas demain la veille que le Québec pourra se passer du pétrole. Si les Québécois souhaitent vraiment réduire leur dépendance au pétrole étranger, et si on leur donne les garanties environnementales nécessaires, peut-être finiront-ils par se laisser séduire par les projets d'exploitation de l'or noir dans le golfe du Saint-Laurent.

Ce serait ça, la véritable indépendance énergétique.

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