Le pipeline de la discorde

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(Québec) Barack Obama doit décider sous peu s'il donne ou non son feu vert au controversé projet de construction de l'oléoduc Keystone XL, qui vise à transporter le pétrole albertain aux raffineries du Texas. Les enjeux sont majeurs. Et difficilement conciliables.

Entre économie et environnement, le coeur de Barack Obama balance. La pression est forte pour un «oui» de Washington au projet de TransCanada. Le Canada, principal partenaire économique des États-Unis, a déjà signifié qu'il digérerait mal un refus, menaçant Washington de représailles commerciales. Ottawa, qui a investi plus de 100 milliards de dollars dans les sables bitumineux au cours des 10 dernières années, fait du projet Keystone XL un enjeu vital pour la prospérité du Canada, et plus particulièrement de l'Alberta, qui souhaite doubler sa production de pétrole d'ici 2025 pour atteindre 3,7 millions de barils par jour.

Mais la pression vient aussi de l'intérieur. Selon un sondage Harris Interactive, 69% des Américains approuvent la construction de l'oléoduc. Les partisans du projet arguent qu'il en va de la sécurité énergétique et de la croissance économique des États-Unis. Les élus républicains appuient évidemment ce projet de 7 milliards de dollars et de 20 000 emplois, mais ils ne sont pas les seuls. Des élus démocrates et des syndicats pro-emplois voient également d'un bon oeil cette initiative qui contribuerait à réduire le taux de chômage, enjeu majeur aux États-Unis s'il en est.

À l'opposé, les groupes écologistes, qui ont donné leur appui à Obama aux dernières élections, attendent la décision de la Maison Blanche de pied ferme. Les environnementalistes s'opposent farouchement à un projet qui ne ferait que contribuer à l'explosion des émissions de gaz à effet de serre, en plus de comporter des risques de fuite considérables. Le pétrole issu des sables bitumineux est plus corrosif et plus visqueux que le pétrole traditionnel, ce qui augmente les risques de rupture des oléoducs, préviennent les écologistes.

Obama est sensible au discours environnemental. Il a lui même plaidé l'urgence de lutter contre le réchauffement climatique à deux reprises au cours des dernières semaines. Il sait qu'il souffrirait d'un extraordinaire déficit de crédibilité s'il donnait son aval au projet de TransCanada.

À court terme, le projet Keystone XL serait payant pour les États-Unis. À plus long terme, c'est une autre paire de manches. En autorisant le projet de TransCanada, Washington augmenterait sa dépendance au pétrole «sale» pour les décennies à venir et contribuerait à l'expansion d'une des industries les plus polluantes au monde. Considérant les coûts environnementaux astronomiques liés aux changements climatiques, pas sûr que le projet Keystone XL serait aussi profitable que le prétendent ses partisans.

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