L'aéroport à péage

Partager

(Québec) Les Frais d'amélioration aéroportuaires (FAA) exigés par l'aéroport Jean-Lesage sont-ils trop élevés? Les lignes aériennes pensent que oui, tout comme le transporteur régional Pascan Aviation, qui conteste en cour la décision d'imposer à ses clients ces mêmes FAA, alors qu'ils utilisent un terminal privé.

De 10 $ à l'origine, en 2001, les FAA ont grimpé jusqu'à 20 $, puis 25 $ en 2010 et ils sont aujourd'hui de 27 $. Il revient à l'aéroport de faire la démonstration, chiffres à l'appui, que la formule est payante pour les utilisateurs. Chose certaine, on ne pourra pas étirer cet élastique indéfiniment.

Les travaux d'agrandissement ont permis à l'aéroport de rattraper le retard qui s'était creusé avec le temps, avec une hausse moyenne de fréquentation de 10 % par année depuis 2003. Même s'il se classe au 13e rang au pays, l'aéroport Jean-Lesage est l'un de ceux qui connaissent la meilleure croissance, année après année. Tout indique qu'il n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière.

Les frais d'amélioration aéroportuaires ne doivent servir, en théorie, qu'aux investissements en infrastructures. Mais avec le temps, les FAA sont devenus la première source de revenus de l'aéroport québécois. En 2011, ils représentent 38 % du total des revenus, alors que les activités aéroportuaires en généraient moins de 30 %. C'est une des proportions les plus élevées au pays.

On a beau prétendre que ces sommes serviront à payer les améliorations de l'aéroport, il s'agit dans les faits d'un droit de passage, d'un genre de péage, pour le privilège d'utiliser lesservices du terminal aéroportuaire. Ils sont d'ailleurs comptabilisés comme tels, au même titre que les autres revenus, dans les états financiers annuels.

À venir jusqu'en 2008, l'aéroport publiait, dans son rapport annuel, un tableau cumulatif qui montrait les sommes perçues depuis le début en comparaison des investissements admissibles. On devrait reprendre cette bonne habitude et donner plus de détails sur la façon dont ces sommes sont dépensées, et dans quels projets. Depuis 2001 les FAA ont permis d'engranger près de 75 millions $.

La direction d'Aéroport de Québec soutient que ces investissements augmentent la compétition entre les transporteurs et fait diminuer les prix. Ça serait une bonne idée d'inclure quelques indicateurs à cet effet au rapport annuel, histoire de montrer si oui ou non les utilisateurs en ont pour leur argent.

C'est d'autant plus justifié que l'aéroport Jean-Lesage est l'un des rares au pays à s'être vu accorder des subventions des deux niveaux de gouvernement, pour un total de 100 millions $. Ses besoins seraient donc en théorie moins importants que d'autres aéroports qui n'ont pas cette chance.

Enfin, le Conseil des aéroports du Canada demande à Ottawa de ne plus exiger de loyers pour l'utilisation des terrains du fédéral. Il a raison, ces paiements n'ont plus leur raison d'être. Le Comité sénatorial des transports sur l'aviation recommandait lui aussi l'abolition de ces loyers en début d'année.

Les loyers et en-lieues de taxes représentent des frais annuels de près de 5 millions $ à Québec. Il y a lieu de revoir leur bien-fondé. Ne vaudrait-il pas mieux laisser les coudées franches à l'aéroport pour qu'il se développe, dans l'intérêt de la région.

En retour, il n'est pas irréaliste de s'attendre à ce que l'organisme freine sa gourmandise en frais d'amélioration. On voit mal, par exemple, pourquoi les voyageurs qui paient pour des terminaux privés devraient payer le même prix que ceux qui utilisent tous les services du grand terminal.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer