Le Sommet du surplace

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(Québec) Sommet du surplace. Sommet de l'opportunisme. Sommet de la redite et du temps perdu. Sur la base des éléments déjà connus, le Sommet sur l'enseignement supérieur pourrait s'attirer ces étiquettes tant les résultats tangibles risquent d'être minces. Un exercice dont le gouvernement péquiste aurait pu faire l'économie s'il n'avait pas été obsédé par l'idée de séduire les étudiants à tout prix.

 

 

 

 

 

 

 

 

«Gardons à l'esprit que les moyens que nous aurons pour agir ne seront pas illimités», disait Pierre Duchesne, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, lors de la première rencontre préparatoire au Sommet, la semaine dernière à Québec. Et comment!

Dès leur arrivée au pouvoir, tant le ministre que sa chef ont mis en doute le sous-financement des universités. Pourtant, avant la crise suscitée par la hausse des droits de scolarité, le PQ, mais aussi les étudiants et les profs reconnaissaient le problème. Le dépôt des crédits révèle noir sur blanc que les fonds supplémentaires espérés ne seront pas au rendez-vous de sitôt. Les universités devront compresser leurs dépenses de 106 millions pour 2012-2013. Les budgets de recherche subiront aussi un régime minceur en 2013-2014. Heureusement que le ministre voit l'université «comme un solide pilier capable de transformer le Québec en une société du savoir riche et libre».

Force est de constater que la priorité du gouvernement n'est pas de renforcer ce pilier. À quoi bon alors inviter étudiants, recteurs, professeurs, représentants syndicaux et du patronat à réfléchir et à discourir pendant des heures sur la qualité de l'enseignement, l'accessibilité aux études, le financement, la gouvernance, la recherche et le développement si les moyens pour mettre en oeuvre les bonnes idées qui émergeront de l'exercice ne sont pas au rendez-vous?

Le ministre a beau se réjouir de la paix revenue sur les campus et de la reprise - bien fragile - du dialogue, cela ne propulse pas nos universités et leurs diplômés vers l'avenir. Le chef caquiste a raison de craindre que le gouvernement fasse reculer le Québec en ce domaine. L'échange de bons mots ne donne pas de profs supplémentaires, ne finance pas la recherche et ne permet pas un encadrement plus serré des étudiants afin qu'ils soient plus nombreux à obtenir un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat.

Au lieu de se positionner pour faire face à la compétition mondiale, le milieu universitaire va ressasser d'ici février les études, les statistiques, les positions de chacun, et chercher où couper. Il a été impossible la semaine dernière de parvenir à un réel consensus sur l'évaluation de la qualité de l'enseignement, un thème pourtant moins conflictuel que le financement, l'accessibilité et la gouvernance. Imaginez la suite. L'exercice étalé sur trois mois risque d'aboutir à des engagements vagues et à la formation de comités. Et bien sûr, à l'indexation des droits de scolarité, seul objectif dont l'atteinte paraît assurée.

Les carrés rouges qui espéraient que le gouvernement Marois renonce à l'indexation et bonifie de beaucoup l'aide financière doivent cesser de rêver. Dans son document préparatoire à la rencontre de Trois-Rivières sur l'accessibilité aux études, Québec rappelle en effet les bénéfices associés au diplôme universitaire. Il note aussi que le taux d'endettement des étudiants québécois est le plus bas au Canada.

Le Ministère ressort également les études voulant que la capacité financière de l'élève et des parents ne soit pas le facteur premier dans la décision d'entreprendre ou non des études postsecondaires. Tiens, tiens. Tous des arguments utilisés par le camp adverse durant le printemps érable. Même les étudiants doivent commencer à trouver que le discours du gouvernement Marois sur l'éducation sonne faux.

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