Stephen Nétanyahou

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(Québec) Le gouvernement de Stephen Harper a multiplié au cours des derniers jours les preuves de l'indéfectible amitié qui l'unit à Israël. En offrant son soutien inconditionnel à l'État hébreu, il rompt avec la longue tradition canadienne de modération et de compromis dans le conflit israélo-arabe. Ottawa a décidé de jouer les gros bras, quitte à perdre sa crédibilité sur la scène internationale. Et à inspirer la honte au sein de sa propre population.

Le Canada fait partie d'un groupuscule de neuf pays (parmi lesquels figurent quatre minuscules archipels du Pacifique) qui ont voté contre le statut d'État observateur accordé à la Palestine par l'Assemblée générale de l'ONU la semaine dernière. Peu importe que ce vote contre une résolution qui favorise la voie politique plutôt que la violence soit difficilement compatible avec la position officielle du Canada, qui est celle de soutenir un processus de paix négocié entre Palestiniens et Israéliens.

Comme l'a si justement souligné au Devoir le député palestinien indépendant Mustafa Barghouthi, «il n'y a aucune logique à se dire en faveur d'une solution de deux États, si c'est pour ensuite s'opposer à un vote favorisant la création d'un deuxième État».

Dans les heures suivant l'octroi à la Palestine d'un statut d'observateur à l'ONU, le gouvernement Harper a dénoncé une mesure «unilatérale» qui n'accélérerait pas le processus de paix avec Israël. Par contre, suivant une logique qui lui est propre, il est demeuré longtemps silencieux quant au projet unilatéral d'Israël de construire de nouveaux logements dans une colonie juive près de Jérusalem, dont la concrétisation mettrait ni plus ni moins fin aux pourparlers de paix. Ce n'est que cette semaine que le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a fini par concéder, sous la pression, que le projet israélien n'aidait pas le processus de paix.

Pour mémoire, le gouvernement conservateur, cet «ardent défenseur du processus de paix au Moyen-Orient» (c'est écrit dans le site Internet du ministère des Affaires étrangères), avait aussi refusé de condamner l'assaut de l'armée israélienne contre la flottille d'aide humanitaire qui se dirigeait vers la bande de Gaza en mai 2010, se contentant de regretter «profondément les pertes de vie et les blessures causées par cet incident».

Le gouvernement Harper souhaite tellement voir s'accélérer le processus de paix israélo-palestinien que plutôt que de participer activement à l'effort diplomatique en vue d'une reprise des négociations, il a, à la suite du vote de l'ONU sur la Palestine, rappelé temporairement ses chefs de mission en Israël et à Ramallah de même que ses représentants permanents aux Nations Unies à New York et à Genève, en plus de faire planer la menace d'une fermeture des bureaux de la délégation palestinienne en poste à Ottawa.

Mais qu'importe. Le gouvernement conservateur n'en est pas à une contradiction près. Ainsi, c'est sans doute parce qu'il est «fier du soutien qu'il a fourni pour accroître la stabilité et la sécurité de la société palestinienne», comme il l'écrit dans un communiqué daté du 30 novembre, qu'il a annoncé cette semaine son intention de reconsidérer son programme d'aide de 300 millions $ à l'Autorité palestinienne lorsqu'il arrivera à échéance, au printemps prochain.

Quand on se rappelle la triste histoire de Droits et Démocratie, que le gouvernement Harper a décidé de fermer à la suite d'une crise née de son refus de venir en aide à des organismes soupçonnés d'être trop près de la mouvance propalestinienne, il y a tout lieu de craindre pour le financement de projets d'assistance humanitaire et économique en Palestine.

Par son attitude grotesque dans le conflit israélo-palestinien, non seulement le gouvernement Harper s'isole-t-il du reste du monde, mais il risque aussi de s'aliéner une bonne partie de la population qu'il représente.

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