Réchauffement climatique: la question du siècle

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(Québec) On pourrait appeler ça la question du siècle : vivrons-nous dans un monde de + 2, + 4 ou + 6 °C vers 2100? Si ça peut vous aider à choisir, sachez que nous avons déjà gagné 0,8 degré, en comparaison avec la période préindustrielle. Et selon l'Agence européenne de l'environnement, c'est assez pour provoquer des dégâts importants : diminution des apports d'eau dans le sud, accompagnée de sécheresses plus nombreuses et plus intenses qui ont causé des milliers de morts prématurées; modification du cycle saisonnier de plusieurs espèces animales et végétales.

Les plus pessimistes parlent déjà d'oublier la cible actuelle, de + 2 °C, et de se préparer plutôt pour une hausse de 6 °C. Ça ne vient pas d'environnementalistes «radicaux» ou «extrémistes» - du genre qui menacent notre sécurité nationale aux yeux des conservateurs -, mais plutôt de la firme PwC (PricewaterhouseCoopers). Elle vient de publier une étude qui conclut que pour limiter la hausse à 2 °C, il faudrait réduire six fois plus nos émissions de gaz à effet de serre (GES) que nous le faisons présentement. Et bien entendu, plus on attend, plus l'effort sera grand.

Voilà ce qui servira de toile de fond pour la Conférence de Doha (Qatar) sur les changements climatiques, qui s'ouvre la semaine prochaine. Elle marque la fin de la première période d'engagement des pays qui ont adhéré au Protocole de Kyoto, dont le Canada s'est retiré l'année dernière. Il sera question de s'entendre sur une deuxième période d'engagement, de conclure un accord post-2020 et de la mise sur pied d'un fonds vert pour aider les pays en développement à s'adapter aux changements à venir.

La Conférence se tient à peine un mois après que l'ouragan Sandy eut dévasté la côte nord-est des États-Unis. En début de semaine, le ministre canadien de l'Environnement, Peter Kent, celui-là même qui a laissé tomber Kyoto, déclarait que les changements climatiques constituaient un «danger réel et présent». Il a aussi évoqué une hausse du nombre de tornades ayant frappé l'Ontario.

Malheureusement, entre les paroles du ministre et les actions de son gouvernement, il y a comme un vide. La menace qui pèse sur nous, et sur tous nos descendants, est globale, mais ce qui nous fait le plus gravement défaut à l'heure actuelle, c'est le leadership.

La préoccupation des pays industrialisés comme le Canada et les États-Unis, qui devraient mobiliser les forces pour faire face au problème, c'est avant tout d'éviter de se voir imposer des contraintes.

Rappelons que les émissions de GES provenant de l'exploitation des sables bitumineux au Canada vont plus que doubler, en 10 ans seulement.

Pourtant, même certaines multinationales trouvent que nos gouvernements se traînent les pieds. Un groupe d'une centaine d'entreprises, parmi lesquelles Shell, Unilever, EDF Energy et Statoil, viennent d'endosser un communiqué demandant la mise en oeuvre d'une taxe sur le carbone, un projet qui devrait être au coeur de toute politique de lutte contre les changements climatiques. C'est la seule façon d'amener le secteur privé à investir dans la recherche d'énergies propres.

Chaque année qui passe devrait nous rapprocher de la solution, mais c'est le contraire qui se produit. Depuis 2000, soit en seulement 12 ans, la concentration des GES dans l'atmosphère a augmenté de 20 %. Au rythme actuel, les émissions atteindront un total de 58 gigatonnes (Gt) d'ici 2020, alors que la cible devrait être de 44 Gt.

On prie pour un monde de + 2 °C, mais on fait tout pour se rendre à + 6 °C.

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