Politique municipale: la nécessaire transparence

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(Québec) Il en aura fallu du temps avant qu'une commission d'enquête sur la corruption et la collusion finisse par voir le jour, mais au cours des deux dernières semaines, les témoignages entendus devant la juge Charbonneau ont provoqué un effet domino qui bouleverse le monde municipal. Les administrations ont besoin d'une sérieuse bouffée d'oxygène, mais tout le monde ne l'a pas encore compris.

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, doit déposer aujourd'hui un projet de loi lui permettant de destituer un maire lorsque des accusations criminelles ont été portées contre lui pour des gestes liés à sa fonction.

Cela devrait permettre de régler enfin le cas du maire de Mascouche, Richard Marcotte, qui s'accroche à son poste alors qu'il n'a plus aucune autorité morale devant ses électeurs. Expulsé du conseil de la Fédération québécoise des municipalités et expulsé de son propre parti au printemps 2011, le maire disait encore cette semaine vouloir réfléchir «sur les préjudices qui lui sont imposés à lui et sa famille». Maintenant, il aura tout le temps voulu.

On verra où la loi trace la ligne entre la présomption d'innocence et les exigences requises pour l'exercice d'une fonction publique comme celle de maire. Il ne faudrait pas trop se surprendre si on prévoit le maintien du salaire d'un élu visé par des accusations. C'est un prix qu'on doit être prêt à payer pour vivre dans une société de droit.

Maintenant, à Laval, les élus ne semblent pas encore mesurer l'étendue des dégâts qui ont été causés par les révélations, et des correctifs qui doivent être apportés pour rétablir la crédibilité de leur administration.

Explications exigées

En apprenant que le ministre Gaudreault nommait un vérificateur spécial pour Laval, la première réaction des élus a été d'exiger des explications, pendant que le vice-président du comité exécutif, Basil Angelopoulos, retirait sa candidature à la succession de Gilles Vaillancourt.

Voilà un parti qui règne sans aucune opposition au conseil, qui délibère derrière des portes closes pour choisir le successeur d'un maire déchu, et qui exige qu'on lui mette les points sur les I. Soit.

Il doit ouvrir les portes et les fenêtres de son administration et laisser tout le monde voir ce qui s'y passe. Ça ne pourrait pas être plus clair, et ça devrait être d'autant plus facile que le conseil jure n'avoir rien à cacher. Où est le problème exactement?

La confiance est désormais rompue, qu'on le veuille ou non, et la seule façon de la rétablir, c'est la transparence, toute la transparence et rien que la transparence, pour paraphraser un serment bien connu.

C'est un message que semble pourtant bien saisir l'ex-président du comité exécutif de Montréal, Michael Applebaum, dans sa campagne pour être choisi comme maire intérimaire, en se disant favorable à ce que les réunions du comité exécutif soient ouvertes au public.

«Il faut qu'on ouvre l'hôtel de ville à tout le monde, à tous les partis», a-t-il déclaré en annonçant sa candidature à la succession de Gérald Tremblay.

Il reviendra aux élus montréalais de choisir leur prochain maire, mais en suggérant que celui-ci soit indépendant des partis politiques et qu'il n'ait pas de visées sur la mairie pour 2013, M. Applebaum trace la voie à suivre pour instaurer un climat de confiance et de transparence. Quel que soit le candidat retenu, il aurait intérêt à s'en inspirer.

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