Stephen Harper sous pression

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(Québec) L'élection d'un gouvernement du Parti québécois a des répercussions directes sur la colline parlementaire fédérale. Le premier ministre Stephen Harper est particulièrement interpellé. Son attitude distante à l'égard du Québec qui a boudé le Parti conservateur lors du scrutin de mai 2011 pourrait en effet vite profiter à la cause souverainiste.

On s'en inquiète avec raison dans certains cercles du Canada anglais. On note que la liste des contentieux Québec-Ottawa s'est singulièrement allongée depuis l'arrivée au pouvoir du chef conservateur qui a choisi de rester sourd à plusieurs de ces récriminations.

Il est vrai qu'en général, le premier ministre canadien affiche peu d'intérêt public pour les demandes de ses homologues. Ses relations avec l'Ontarien Dalton McGuinty sont par exemple franchement mauvaises depuis un long moment. M. Harper a aussi cavalièrement refusé - la réponse est venue de son secrétaire de presse en une petite phrase lapidaire - la récente invitation du Conseil de la fédération de venir discuter d'économie cet automne à Halifax.

Le problème pour M. Harper, c'est qu'il n'y a cependant qu'au Québec où 40 % des électeurs viennent de voter pour des formations politiques réclamant la souveraineté.

Le pire, c'est que cette effervescence nouvelle survient alors que le seul vrai champion de l'unité canadienne en politique québécoise, Jean Charest, déserte l'Assemblée nationale et la scène publique.

Étant donné qu'il n'y a plus personne pour se laisser berner par les mirages du fédéralisme d'ouverture de M. Harper, les conservateurs deviennent du coup, bien malgré eux évidemment, les alliés objectifs des péquistes qui s'installent aux commandes.

Plus on recevra fraîchement les demandes de rapatriement de pouvoirs faites par le cabinet Marois qui trouvera des alliés du côté de la Coalition avenir Québec en cette matière, plus élevé deviendra le risque de stimuler la fibre nationaliste québécoise.

L'interprétation que donneront les ténors du cabinet Marois aux refus ou aux silences d'Ottawa n'aura rien de mesuré contrairement à l'époque libérale et visera à faire monter la pression. On devine aisément le concert des dénonciations courroucées et cyniques des Lisée, Duchesne et Drainville notamment.

Le premier ministre canadien devra ajuster le tir et afficher un minimum d'intérêt devant les doléances québécoises. Il n'a peut-être pas eu besoin du Québec pour obtenir sa solide majorité à la Chambre des communes la dernière fois, mais il a nécessairement besoin de l'Ontario en 2015 s'il veut répéter son exploit.

Or, les électeurs de la province voisine sont très susceptibles de se montrer très agacés s'il devait y avoir montée de l'appui à la souveraineté québécoise. Stephen Harper est donc condamné à en tenir compte, ne pouvant se permettre que tous les doigts pointent en sa direction comme facteur principal de la résurgence de la menace séparatiste.

Et il n'y a pas que les conservateurs qui se retrouvent sur la sellette. L'élection d'un gouvernement du Parti québécois est aussi un casse-tête pour le chef néo-démocrate Thomas Mulcair. Sa bonne fortune découle en effet de sa capacité d'avoir réussi à rallier un fort contingent de souverainistes québécois, sans faire fuir la base traditionaliste du NPD.

Cette conciliation va probablement devenir tout à coup beaucoup plus complexe à gérer et va le forcer à pratiquer une gymnastique argumentaire fort délicate au cours des prochains mois.

Libéraux fédéraux et bloquistes en contrepartie pourraient voir la bonne fortune leur sourire à nouveau, les premiers incarnant le fédéralisme de la clarté référendaire, les seconds, la protection des intérêts québécois au coeur de la Chambre des communes.

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