Débat Marois-Legault: match nul, ou presque

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(Québec) Le débat entre François Legault et Pauline Marois s'est terminé par un match nul, ou presque... Si je mets un bémol, c'est parce que les toutes dernières minutes ont été difficiles pour la chef du Parti québécois. Quand M. Legault l'a talonnée sur la portée des référendums d'initiative populaire inscrits au programme de son parti, Pauline Marois a dû louvoyer.

La question était pourtant simple : si 15 % des Québécois demandent un référendum sur la souveraineté à l'occasion d'un référendum d'initiative populaire, le gouvernement sera-t-il obligé de bouger? Dans un premier temps, Pauline Marois a semblé dire oui. Mais lorsque François Legault l'a accusée de confier le déclenchement d'un tel référendum aux «caribous» et aux «purs et durs», la chef du PQ a dû mettre le pied sur le frein. Elle a fait valoir que les résultats des référendums d'initiative populaire constitueraient une demande de la population au gouvernement, mais non pas une décision du gouvernement. Toujours talonnée, Mme Marois n'a toutefois pas été en mesure de préciser clairement si, oui ou non, le vote de 15 % des Québécois, donc de 850000 personnes, la forcerait à déclencher un référendum sur la souveraineté. «Je suis une femme responsable», a-t-elle conclu, pour se sortir de ce pétrin. À 10 jours du scrutin, c'est un sujet délicat qu'elle devra sans doute préciser.

Pour le reste, ce débat a donné lieu à des échanges intéressants, notamment sur les questions d'éthique et de corruption. À Pauline Marois, qui lui reprochait d'avoir quitté le PQ parce qu'il ne voulait pas «débusquer la corruption», François Legault a dévoilé qu'il avait refusé de poser des questions sur le cas d'un Québécois atteint du cancer. «Je trouvais ça inhumain ce que vous me demandiez.»

La partie du débat sur les politiques sociales a donné lieu à de durs affrontements sur les liens entre les syndicats et le Parti québécois. «Vous avez une vingtaine de candidats qui viennent des syndicats», a accusé François Legault, en reprochant à Mme Marois d'avoir les mains liées au point d'être incapable de procéder à des changements. «Vous êtes vraiment obsédé», lui a rétorqué la chef du PQ en voyant M. Legault revenir sur ce sujet à plusieurs reprises. Mais lorsqu'il l'a accusée de manquer de courage, Mme Marois a haussé le ton et marqué un point : «Avoir du courage, c'est être capable de respecter ses convictions, même dans la tempête», a-t-elle lancé, en allusion à l'abandon de la cause souverainiste par son ancien collègue péquiste.

Les deux leaders ont eu de bons échanges sur l'économie. François Legault a vraiment talonné Mme Marois sur le coût de ses promesses. Mais la chef du PQ a bien résisté, au point de dire qu'elle était «estomaquée de voir qu'un comptable ne sache pas compter». M. Legault a tenté en vain de démontrer que les promesses des péquistes dépassaient 3 milliards $. Pauline Marois a pu se réfugier dans le dévoilement prochain de son cadre financier.

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