Une seule vraie surprise à travers les données, l'immobilité du vote caquiste. François Legault ne peut d'ailleurs qu'être très déçu ce matin. Sa Coalition n'a pas progressé alors que les siens ont pourtant accaparé la majorité des manchettes au cours des derniers jours.
L'entrée en scène de Gaétan Barrette et, surtout, celle inattendue de Jacques Duchesneau, de gros engagements de réduction du fardeau fiscal et des congés payés pour les familles ayant de jeunes enfants, le chef a sorti plusieurs de ses plus beaux lapins de son chapeau cette semaine dans l'espoir de rejoindre le peloton. Il se retrouve sans le moindre résultat tangible, encore à l'écart. Dur pour le moral des troupes, même si l'effet à retardement n'est pas à écarter.
C'est d'autant plus inquiétant que les partisans de la Coalition avenir Québec demeurent les moins fermement convaincus de leur choix.
À l'opposé, Pauline Marois a dû pousser un bon soupir de soulagement en prenant connaissance de ce sondage, surtout en raison du large appui récolté auprès de l'électorat francophone.
Le Parti québécois a en fait réussi à progresser, même si le début de campagne péquiste n'avait honnêtement rien pour impressionner la galerie.
Mais rien n'est à tenir pour acquis quand tout près d'un électeur sur deux se dit ouvert au changement.
En fait, la carte maîtresse de Pauline Marois, c'est moins l'attrait qu'elle exerce personnellement sur l'électorat que le large désaveu dont Jean Charest est, lui, l'objet.
Un Québécois sur deux a actuellement une moins bonne opinion du premier ministre qu'il y a un an. À 68 %, l'insatisfaction à l'endroit du gouvernement libéral continue de caracoler à des niveaux records. Et enfin, une majorité de citoyens évaluent que le Québec ne s'en va pas dans la bonne direction.
On se demande après ça comment se fait-il que le PQ ne soit pas actuellement loin, tout seul en tête?
Deux réponses. L'option d'abord. C'est un boulet. Seulement 36 % des Québécois voteraient Oui aujourd'hui pour que le Québec devienne un pays souverain. Et pire, une partie de ceux-là doutent de la volonté réelle de la dirigeante péquiste de mettre l'indépendance à l'avant-scène une fois aux commandes et appuient en conséquence Québec solidaire ou Option nationale.
L'autre constat, c'est que la chef elle-même ne suscite pas un réel engouement. Pauline Marois ne se démarque pas de ses vis-à-vis libéral et caquiste pour son étoffe de premier ministre ni n'impose sa marque par rapport aux principaux enjeux.
Certes, on reconnaît qu'elle serait la plus susceptible de régler le conflit étudiant et la meilleure pour réduire la pauvreté et s'attaquer aux inégalités. Le problème, c'est qu'il ne s'agit pas des questions les plus cruciales dans l'oeil des Québécois.
En matière d'intégrité, d'économie et de santé, elle cède le pas à François Legault, à Jean Charest ou se retrouve dans le peloton avec eux.
En fait, les Québécois ne donnent pas l'impression d'être tellement éblouis par le choix politique qui s'offre à eux. Ce qui est néanmoins rassurant, c'est qu'ils sont très à l'aise avec le déclenchement de ce scrutin estival et surtout très intéressés par la campagne en cours.
Ils sont donc à l'écoute des propositions, susceptibles de se faire convaincre ou même prêts à vivre avec un gouvernement minoritaire, en échange d'un choix en partie renouvelé la prochaine fois.