Il faut le rappeler, il y avait un certain scepticisme dans l'air à la suite de la divulgation de la programmation de cette année. Festival des nostalgiques selon certains, absence de vraies grosses pointures comme Paul McCartney ou Metallica selon d'autres, prise de risque casse-cou pour quelques soirées s'inquiétait-on encore, il n'y avait personne pour prédire l'année record.
Mais la solide équipe du directeur général Daniel Gélinas a finalement pulvérisé tous les doutes en réunissant chaque soir des dizaines de milliers de spectateurs devant ses scènes extérieures et s'assurant d'un fort achalandage pour les prestations intérieures.
Bien sûr, les conditions météorologiques très favorables à compter du premier jour sont l'un des éléments ayant contribué au grand succès de cette année. Mais ce serait bien injuste d'en faire le facteur déterminant. La qualité et la variété des propositions artistiques sont les bases solides sur lesquelles ont misé les membres de l'équipe de programmation dirigée par Louis Bellevance.
Et quel éclectisme! De John Abercrombie à Overkill, en passant par Angélique Kidjo, Johnny Hallyday, Jean Leloup, Vincent Vallières, Radio Radio, Bon Jovi, Aerosmith, LMFAO, Ariane Moffatt et Skrillex, il y avait là tout un monde à entendre, à voir ou à découvrir.
Variété de styles et, donc, variété de publics. Et de très rares rendez-vous manqués selon les critiques lues et entendues.
Les organisateurs de la grand-messe de la musique à Québec ont raison de souligner que s'il y avait plusieurs artistes établis dans la programmation, ceux-ci étaient toujours actifs en termes de spectacles et de production. Et ils ont d'ailleurs ravi autant les connaisseurs que les amateurs.
Les invités ont pour leur part chaleureusement répondu à l'accueil enthousiaste qui leur était réservé. Il fallait entendre Sarah McLachlan dire avec émotion sur scène n'avoir sans doute jamais chanté devant un aussi vaste auditoire ou Lionel Richie donner rendez-vous au public l'an prochain avec excitation pour comprendre que la destination Québec semble vouloir s'imposer de plus en plus dans le carnet de voyage des artistes de calibre international.
Le Festival d'été continue donc de croître, alors que plusieurs avaient l'impression qu'il serait difficile de grimper de nouveaux échelons. Il est pourtant plus que vraisemblable que le record des 1,5 million d'entrées comptabilisées en 2010 sera éclipsé.
Pour l'économie régionale, c'est un atout majeur. Ceux qui en tirent profit ont d'ailleurs l'obligation de soutenir cette célébration de manière très concrète pour la protéger le plus possible des aléas de l'économie, de la programmation et de la météo.
Pour les citoyens de la grande région de la capitale, c'est un rendez-vous musical et festif exceptionnel, une occasion unique de côtoyer des têtes d'affiche et de prendre la mesure des talents les plus prometteurs.
C'est aussi un orgueil très bien placé que d'être fiers de cette grande manifestation culturelle qui fait vibrer la capitale de manière formidable et qui la place sur la liste des plus grandes destinations culturelles mondiales.
Encore une fois, il y a donc lieu de saluer d'un très grand coup de chapeau les artisans de cette remarquable réussite qui signent par leur accueil chaleureux, leur professionnalisme, leur souci du détail et leur enthousiasme contagieux la plus belle carte de visite culturelle qui soit.