Les principaux coupables se retrouvent dans l'état-major de la Défense nationale et aux plus hauts échelons de ce ministère, en incluant le ministre Peter MacKay.
Les hauts fonctionnaires de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada ont également lamentablement failli à leur devoir de veiller aux intérêts des contribuables canadiens.
Enfin, le gouvernement de Stephen Harper doit être globalement blâmé pour son criant manque de vigilance, sa crédulité naïve ou feinte et son entêtement à engager une dépense de 25 milliards $ malgré toute la série de voyants rouges clignotant à son tableau de bord.
À la base, on le comprend à travers les lignes du rapport de Michael Ferguson, les militaires s'étaient emballés pour un nouveau joujou virtuel. En effet, l'objet de leur convoitise, le chasseur F-35 choisi pour remplacer les vieillissants CF-18, n'existe même pas encore. Mais les promoteurs de son concept avaient réussi à embrigader un groupe de pays dont le Canada dans une aventure qui tourne actuellement au fiasco, notamment parce que les coûts d'acquisition et d'entretien sont incontrôlés et seront longtemps incontrôlables.
Les comportements les plus condamnables dans cette affaire des F-35 sont d'abord que des décideurs aient été forcés de trancher sans que toutes les informations pertinentes leur aient été fournies pour agir de manière éclairée. Inacceptable de même que certains aient foncé sans avoir les autorisations nécessaires.
Le Vérificateur général ne le dit pas en ces mots, mais des gens ont été manipulés. Les coûts étaient largement sous-estimés, escamotant une panoplie de frais évidents à considérer. Les échéanciers ne tenaient pas la route et les retombées pour les entreprises canadiennes étaient présumées, les évaluations ne reposant sur rien de tangible.
Mardi, il était un peu court et beaucoup trop facile pour le premier ministre Stephen Harper et ses ministres impliqués dans ce dossier pourri de multiplier les engagements et les communiqués pour dire que, dorénavant, toutes les règles seront suivies et que tout se fera dans la transparence totale. Ça serait incidemment presque une première avec ce gouvernement.
Et de toute façon, un instant. Est-ce à dire que personne ne va payer pour ce laisser-aller, ces mensonges et ces tromperies? C'est totalement inacceptable. Ne rétrograder personne serait une belle invitation à continuer à se foutre des règles et des citoyens, tant pour les fonctionnaires que pour les élus.
Particulièrement sur la sellette, le ministre Peter MacKay n'a répondu mardi à aucune question de l'opposition en Chambre et il est resté sourd aux demandes des journalistes à sa sortie des Communes.
Si c'est parce qu'il a honte, on le comprend aisément d'être resté muet. Mais il doit prendre le temps de se regarder dans le miroir et se questionner sur son avenir. Déjà que ses explications alambiquées sur son utilisation des avions de l'armée avaient précédemment suggéré un certain manque de jugement...
En conclusion, il est important de répéter que nos militaires en mission ici ou à l'étranger doivent pouvoir compter sur du matériel et de l'équipement fiables et de la meilleure qualité. Mais respecter cet engagement à l'égard de ceux qui risquent leur vie pour nous n'a rien à voir avec le fait de céder aux extravagances de certains et de gaspiller outrageusement l'argent des contribuables.