Il est extrêmement intéressant de noter que les résidants de tous les secteurs de la ville, y compris là où le tramway ne sera pas disponible, appuient sa proposition à plus de 60 %. Et c'est dans cette même proportion que les répondants prévoient utiliser ce nouveau mode de transport en commun. Bref, le tramway est un pari gagnant pour Québec et pour son premier citoyen.
Le tramway, c'est la crème du transport en commun urbain. C'est beaucoup plus agréable que de voyager sous terre, tout en réunissant les essentiels critères de fiabilité, de haute fréquence, de grand confort et de forte capacité d'accueil.
Selon le sondage, les citoyens estiment que son insertion dans les choix de transport en commun aurait une incidence directe sur la décongestion des grandes voies de circulation sur le territoire de la capitale. Or les gestionnaires municipaux sont justement condamnés à trouver des solutions pour alléger le flot croissant des automobiles sur le réseau autoroutier en raison des prévisions d'augmentation de la population à Québec à moyen terme.
Les irréductibles de la voiture trouvent donc leur compte dans le projet. Plus d'espace pour rouler, plus de fluidité et moins de stress à conduire avec un renforcement du transport en commun.
De toute façon, la faction de ceux qui sont férocement contre l'idée d'implanter le tramway à Québec se limite à un faible 8 % de la population, soit le groupe des «très défavorables» identifiés par l'enquête Segma. Par comparaison, il y a 28 % des répondants «très favorables» au dossier défendu par le maire Labeaume.
À noter que parmi les facteurs qui ont peu retenu l'attention des personnes sondées et qui sont néanmoins des arguments majeurs de vente du projet, il y a l'effet dynamisant du tramway sur l'économie et le développement de la capitale, notamment en permettant la construction ou la reconstruction le long de lignes de tramway. Et il y a bien sûr la possibilité pour de jeunes familles de pouvoir résider sur le territoire central de Québec avec la multiplication de projets d'habitation à coût abordable.
Au chapitre des arguments défavorables, il y a évidemment les coûts importants associés au dossier et la hausse des taxes qui risquent d'en découler.
Mais sur ce plan, il ne faut pas se leurrer, s'il n'y a pas de tramway à Québec, il faudra tout de même investir massivement au cours des prochaines années pour multiplier les circuits d'autobus et faire des aménagements afin de faciliter la circulation, entre autres par des voies réservées sur les grands axes. Quant aux taxes, c'est certainement en faire un usage judicieux que de les investir dans le transport en commun, qui signifie moins d'étalement urbain et moins de pollution.
Faut-il enfin tenir un référendum sur la question comme le suggèrent les résultats du sondage? À la lumière du très large appui révélé par les données, la dépense apparaît inutile. Mais si le projet devait entraîner de substantielles hausses de taxes pour les contribuables de la capitale, l'option pourrait alors être envisagée.