Ce qui est sûr, par contre, c'est que ce rendez-vous n'a pas permis de comprendre pourquoi nous sommes en élections générales - outre le fait que Jean Charest a voulu profiter de la bonne position de son parti dans les sondages.
Le débat n'a pas été exempt de demi-vérités et de caricatures - notamment sur la Caisse de dépôt et placement -, mais au moins
a-t-il bien exposé les enjeux du scrutin, même s'il a parfois été cacophonique.
Mario Dumont, le mal-aimé de cette campagne, celui dont la crédibilité s'est par sa seule et unique faute dangereusement effilochée depuis 18 mois, a réussi à tirer son épingle du jeu.
Le chef de l'ADQ a répété ce que le libéral Stéphane Dion a accompli lors du premier débat des chefs aux élections fédérales. Il a profité de ses interventions pour présenter son programme, étayer la plupart de ses propositions. Il n'a pas poussé l'exercice jusqu'à dire où il couperait dans les dépenses de l'État, mais il est celui des trois protagonistes qui a le mieux joué le jeu à cet égard.
Le premier ministre sortant s'est montré d'entrée de jeu agressif. Jean Charest a malheureusement passé plus de temps à accuser le Parti québécois de tous les maux du Québec - du manque de personnel en santé jusqu'aux arbres coupés dans les forêts - qu'à présenter ses propres engagements aux Québécois.
Pauline Marois a martelé son message principal, à savoir que M. Charest ne pouvait se laver les mains de tout. Elle a livré son message général, mais a dû passer tellement de temps à se défendre de certaines attaques du chef libéral qu'elle n'a pas pu développer autant de propositions que le chef adéquiste. Bon point : elle a parlé avec coeur et franchise de souveraineté.
Pour ceux qui ne s'étaient pas intéressés jusqu'ici à ces élections déclenchées prématurément, ce débat peut constituer un bon point de départ.
Si, malgré tout, bien des électeurs sentent qu'ils ne seront pas plus avancés demain ou après-demain, cela ne tient probablement pas au débat d'hier soir, mais à la défiance grandissante des citoyens à l'égard du monde politique. À tort ou à raison, de plus en plus de gens ne croient plus les responsables politiques.
C'est un autre sujet, mais un sujet dont nous devrions nous préoccuper plus que nous le faisons.