Tous des tricheurs, ou presque!

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(Québec) Dans le monde du sport, on te pardonne tout. À condition que tu gagnes.

Les quatre matchs de suspension récemment imposés au quart-arrière des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Tom Brady, n'y changeront rien.

Que représentent quelques ballons dégonflés par-ci, par-là, dans le grand catalogue des tricheurs?

Déjà, dans les années 70, les joueurs de basketball des Knicks de New York cachaient sur eux une petite aiguille pour dégonfler les ballons. Non seulement ils n'ont pas été punis, mais la tactique les aurait aidés à remporter le championnat, en 1973.

Et puis, où se situe la frontière exacte entre la tactique déloyale et la triche?

Il y a quelques années, le joueur de ligne des Rams de Los Angeles, Joe Scibelli, mâchait toujours une grosse gousse d'ail, avant un match. Son but? Souffler son haleine fétide sous le nez des adversaires, pour les déstabiliser. «Je voyais leur visage se tordre, comme s'ils allaient vomir», a-t-il expliqué.

Entre nous, est-ce plus ou moins déloyal que les Falcons d'Atlanta, qui assourdissaient les offensives adverses en diffusant de faux bruits de foule dans les haut-parleurs de leur stade, le Georgia Dome?

Ajoutons que les médias étaient mal placés pour faire la leçon. En l'an 2000, la chaîne CBS avait dû présenter ses excuses pour avoir ajouté des bruits d'oiseaux, durant la télédiffusion d'un tournoi de golf...

C'est dit. Le sport pardonne tout aux vainqueurs.

À Boston, il faut voir le culte dont fait l'objet Red Auerbach, le défunt directeur général des Celtics, de la NBA.

Son coup de maître, Auerbach le réalise le 8 juin 1984, au moment où les Celtics affrontent les Lakers de Los Angeles, en grande finale. Une chaleur terrible écrase la ville. Le vieux Garden de Boston, qui n'a pas de climatisation, est transformé en fournaise. Et comme par hasard, juste avant le début du match, le chauffage se met à fonctionner à fond dans le vestiaire des Lakers!

Les visiteurs sont cuits. Score final : Celtics, 121; Lakers, 103.

À l'époque, des esprits chagrins soupçonnaient aussi Auerbach d'être responsable du déclenchement périodique des alarmes d'incendie, dans les hôtels où séjournaient les équipes en visite. Les incidents survenaient souvent en pleine nuit, la veille d'un match crucial. Mais qu'est-ce que cela prouve?

«Si tu ne triches pas, c'est que tu ne veux pas assez gagner», disait Richard Petty, un monstre sacré de la course automobile, version NASCAR.

Et Mister Petty, alias le «Roi», savait de quoi il causait. Monsieur était à la triche ce que l'herbe à poux est au rhume des foins. À son époque, les écuries allaient même jusqu'à cacher des réservoirs remplis de mercure (!?) dans les entrailles des voitures, pour atteindre le poids minimal lors de la pesée officielle. Une fois en piste, le conducteur se débarrassait de ce fardeau inutile, en actionnant un levier.

Depuis, le mercure de la triche n'est pas retombé. Une légende du baseball comme Joe Torre peut déclarer : «Je n'ai pas de problème avec un tricheur, du moment qu'il ne se fait pas prendre.»

Non, elle n'est pas loin, l'époque au cours de laquelle le lanceur étoile Gaylord Perry publiait une biographie énumérant les recettes pour rendre une balle gluante à souhait, sans trop éveiller l'attention. Parfois, il la rendait si visqueuse que le receveur n'arrivait plus à la relancer! Et le frappeur avait l'air du malheureux qui essaye de frapper un petit pois en utilisant une poignée de spaghettis trop cuits.

Perry rêvait de faire de la publicité pour la compagnie Vaseline. Selon la légende, la compagnie aurait répondu : «Nous nous occupons des fesses de bébés, pas des balles de baseball.»

Le sport pardonne aux vainqueurs, quitte à donner des ailes aux tricheurs.

En Formule 1, l'écurie Renault a été punie pour avoir ordonné à un pilote de provoquer un accident. Aux Jeux paralympiques, l'équipe espagnole de basketball a été disqualifiée parce que 10 de ses 12 joueurs ne présentaient pas de handicap. Durant la première moitié des années 60, avant les scandales de dopage, l'URSS dominait l'athlétisme grâce aux exploits des soeurs Irina et Tamara Press, que leurs adversaires soupçonnaient d'être... des hommes. Le duo s'est retiré subitement des compétitions en 1968, après l'instauration d'un test de féminité controversé.

Même les paisibles échecs ne sont pas à l'abri. En 2006, un joueur s'était fait coudre un dispositif électronique sur le cuir chevelu!

Et dites-vous bien que la triche ne constitue pas une exclusivité moderne.

On peut la retracer aussi loin que le règne de l'empereur romain Néron, au Ier siècle.

À l'époque, on trouvait plutôt cocasse que l'empereur ingurgite une mystérieuse potion à base de fumier de sanglier pour se gonfler d'énergie.

Par contre, on a moins rigolé lorsque Néron se présenta à une course de chars tirés par des attelages de quatre chevaux. Une course gagnée d'avance, puisque le char impérial en comptait 10!

Il fallait se rendre à l'évidence.

L'empereur était un fieffé tricheur. Mais qui allait oser lui dire?

Le problème avec les dieux vivants, c'est qu'il faut tout leur pardonner.

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