Comment Régis Labeaume est devenu un tonton flingueur

Ces derniers jours, Régis Labeaume s'est querellé avec... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Ces derniers jours, Régis Labeaume s'est querellé avec Marcel Aubut à la suite de l'annulation du Gala Triomphe.

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(Québec) Au début, Régis Labeaume jouait le rôle du tonton grognon.

Les fonctionnaires étaient des «fourreurs de système». Les pacifistes étaient des «minables». Le vérificateur général était un pauvre type qui «voulait se faire un nom». Le syndicat des pompiers était une organisation de primates. Les automobilistes de la Rive-Sud étaient «irresponsables». Les artistes de Méduse étaient des gens peu fréquentables.

Très vite, les coups de gueule de M. Labeaume sont devenus une habitude. Mais la concurrence était vive. En matière d'insultes, dans la région de Québec, l'offre excède toujours la demande. S'il fallait déchirer sa chemise chaque fois qu'un personnage public commet un écart de langage, il y a belle lurette qu'on ne trouverait plus de chemises à déchirer.

La semaine dernière, un animateur de radio a même comparé la CSN à l'État islamique. Rien de moins. Et de grâce, ne demandez pas comment on peut associer un syndicat de notre très pépère province à une organisation qui a décapité 28 chrétiens sur une plage de Libye, à la mi-avril.

Pour trouver plus débile, il faut regarder du côté de l'entreprise qui rêvait d'implanter des machines distributrices de condoms au Vatican...

Ne nous égarons pas.

Au début, Régis Labeaume jouait le tonton grognon. Puis, avec le temps, ses insultes sont devenues plus personnelles. Plus hargneuses.

Monsieur ne se contente plus de gagner un match. Il veut triompher 12 à 0. Si possible, en lançant la mascotte ennemie dans la benne à ordures.

À quel moment le grognon s'est-il métamorphosé en flingueur?

Difficile à dire. Est-ce à la fin de 2012, quand il s'est moqué d'un syndicaliste revenant d'un burn-out? En 2014, quand il a associé un promoteur immobilier à la mafia? Ou peut-être faut-il remonter à l'automne, quand le maire de Trois-Rivières a osé critiquer le projet de loi sur les régimes de retraite des employés municipaux?

Aussitôt, Régis Labeaume est passé à l'attaque avec la férocité d'une mère ours qui aperçoit un chasseur en train de badigeonner son bébé de sauce Worcestershire.

Plus récemment, ce fut au tour du maire de Saint-Augustin, Marcel Corriveau, de jouer le rôle du moustique sur lequel M. Labeaume s'amuse à tirer avec un bazooka.

Entre nous, M. Labeaume n'était pas le premier maire de Québec à s'emporter contre les revendications des banlieues. Sauf que la prise de bec a débordé de la comptabilité pour dévier sur des questions personnelles. 

À la fin, la stratégie du marteau-piqueur du maire Labeaume ressemblait à une célèbre déclaration du sénateur américain Al Franken, à propos du bombardement d'une zone désertique. 

«Nos avions de guerre ont effectué 2800 sorties, largué 15 tonnes de bombes et causé pour 39 $ de dommages. Mais nous sommes pleins de compassion. Quand tout sera fini, nous allons remettre les roches et la poussière en place.»

Ces jours-ci, Régis Labeaume s'est querellé avec Marcel Aubut, à la suite de l'annulation du Gala Triomphe, qui devait honorer des athlètes, au Colisée. Le maire a décoché quelques flèches, notamment à propos de l'utilisation de l'argent de la Fondation Nordiques, qui organisait l'événement.

Sur le coup, peu de gens ont versé une larme sur l'égo de Marcel Aubut. D'ailleurs, M. le maire n'est pas le seul à se poser des questions.

Sauf qu'encore une fois, Régis Labeaume en dit trop. Ou pas assez.

Encore une fois, il est difficile de ne pas voir une forme d'intimidation.

Le côté rancunier du maire se retrouve même au centre de la dernière blague à la mode.

«Il était une fois des artistes de Québec qui organisaient un concours de blagues sur le maire Labeaume. Au début du spectacle, malgré la foule très nombreuse, les participants remarquent le maire au fond de la salle. Très concentré, malgré la foule en délire, Monsieur prend continuellement des notes sur un petit calepin.

Lors d'une pause, le maître de cérémonie vient le voir.

- M. Labeaume, vous m'impressionnez. Comment faites-vous pour tout retranscrire, depuis le fond de la salle, malgré le bruit? Même le preneur de son n'arrive pas à tout capter.

- Pas de problème, répond le maire. J'écris seulement leurs noms...

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