Gary Bettman: le triomphe du maître-chanteur

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Le commissaire Gary Bettman maintient la valeur de ses équipes au plus haut en faisant monter les enchères. Il est là pour permettre aux propriétaires de se remplir les poches.

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(Québec) À  Québec, il faut se précipiter pour interpréter la moindre déclaration, voire le moindre battement de cils du commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman. C'est devenu un sport. Non, pardon, c'est devenu une obsession collective.

Ça frise la folie. En comparaison, même la lecture de l'avenir dans les entrailles des poulets passerait pour une science exacte.

Le commissaire Bettman a-t-il esquissé un sourire en prononçant le mot expansion? S'est-il gratté l'oreille d'un air mystérieux, quand on lui a parlé des préparatifs de la Coupe Memorial à Québec? A-t-il coiffé sa frange de cheveux sur le côté gauche, ce qui pourrait indiquer un changement de cap?

Aussitôt, les médias s'enflamment. Ils voient s'entrouvrir la porte qui mène au tunnel qui mène au couloir qui mène on-ne-sait-pas-où, mais sûrement au retour des Nordiques.

J'exagère à peine.

Loin de calmer le jeu, le commissaire cultive l'ambiguïté. Il sait chatouiller l'orgueil local. Pas trop. Juste assez. Comme en 2010, lorsqu'il a déclaré que le départ des Nordiques avait été une «erreur».

Monsieur sait que pour maintenir la valeur des équipes au plus haut, il faut faire monter les enchères. Le sport professionnel, c'est comme un restaurant. L'idéal, c'est de pouvoir compter sur quelques naïfs qui salivent sur le pas de la porte.

- Quelle est la différence entre une pomme et le propriétaire d'un club de la LNH? demandaient les partisans des Nordiques, en 1995.

- La pomme a un coeur, elle.

D'accord, le commissaire Bettman apparaît aussi sympathique qu'un mal de dents dans une confiserie. 

Mais quelle importance?

Monsieur n'est pas là pour la beauté du sport. Ni pour plaire aux amateurs. Seulement pour que les propriétaires de la Ligue se remplissent les poches.

De ce point de vue, la LNH constitue un succès, avec des revenus qui augmentent de manière spectaculaire. 

Par contre, pour le volet hockey, c'est plus discutable.

Question : À quoi ressemblait la LNH avant l'arrivée de Gary Bettman, en 1993? Avant le triomphe de la défensive?

Réponse : Au Parc jurassique. 

Cette année-là, 14 joueurs avaient compté 50 buts et plus. Les meneurs, Alexander Mogilny et Teemu Selanne, avaient marqué 76 buts chacun. En comparaison, en 2014-2015, un seul joueur est parvenu à compter 50 buts ou plus. 

En 1992-1993, Mario Lemieux avait remporté le championnat des marqueurs avec 160 points. Cette année, le meilleur marqueur, Jamie Benn, a récolté 87 points.

Mais pour les partisans, il y a plus inquiétant encore.

Lors de la dernière participation des Nordiques aux séries éliminatoires, en 1995, on trouvait des billets pour 36 $ [52 $ en monnaie d'aujourd'hui]. Ces jours-ci, pour assister au match d'une équipe canadienne en série, il faut débourser au minimum 105 $. Parfois beaucoup plus.

Remarquez, cela n'empêchera pas les Labeaume, Aubut et cie de répéter que le hockey de la Ligue nationale constitue un loisir du peuple, du «vrai monde».

Quand il s'agit du hockey, nous préférons ne pas savoir. Regarder ailleurs. Comme l'entraîneur à qui un joueur vient dire : «Je me suis cassé le bras à deux endroits.»

Et l'entraîneur répond, impassible : «Alors tiens-toi loin de ces deux endroits!»

­

«Un prêtre, un psychologue et le commissaire Gary Bettman jouent une ronde de golf.

Mais leur parcours se trouve ralenti par deux joueurs extrêmement malhabiles qui avancent très lentement sur le terrain. Comme s'ils étaient aveugles.

Le prêtre, le psy et Gary Bettman se mettent à maugréer très fort. Du genre : «Que font ces andouilles?» «Pourquoi ils ne nous cèdent pas la place?»

Rendu au deuxième trou, le psy va voir les deux hommes pour les prier de les laisser passer devant.

Il revient au bout de quelques minutes. Rouge de honte.

- Il s'agit d'anciens pompiers, explique-t-il. Ils ont perdu la vue en sauvant la vie de plusieurs personnes.

Le psy ne cache pas sa honte de s'être laissé emporter. Le prêtre regrette aussi d'avoir été impoli.

Seul Gary Bettman reste impassible. Il réfléchit un moment, puis il va voir les ex-pompiers.

- Je comprends votre situation, dit-il. Mais la prochaine fois, auriez-vous l'obligeance de jouer durant la nuit?»

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