«Toé, tais-toé!»

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(Québec) Philippe Couillard a «sauté sa coche» jeudi. En réponse aux questions de Stéphane Bédard sur les activités douteuses d'un membre de la compagnie Amorfix quand il en présidait le conseil d'administration, le premier ministre a déclaré «Ça suffit!» à deux reprises, sur un ton qui rappelait le fameux «Toé, tais-toé» de Maurice Duplessis à l'endroit de son ministre Antoine Rivard.

On peut comprendre l'exaspération du premier ministre après les allégations à son sujet concernant ses relations passées avec Arthur Porter. Mais c'est le rôle de l'opposition de questionner le gouvernement, et le «ça suffit!» n'avait pas sa place.

L'autre surprise est l'attaque qui a suivi contre Pierre Karl Péladeau. M. Couillard a reproché à Stéphane Bédard «d'avoir dans sa propre formation politique, un membre de son caucus qui détient 40 % de l'empire médiatique le plus influent au Québec. Il n'y a pas une société démocratique qui accepterait la situation de contrôle d'un empire médiatique de la taille du Québec».

On comprend de ces propos que M. Couillard soupçonne les journaux de Québecor d'avoir sali sa réputation dans l'affaire Amorfix par intérêt politique pour leur propriétaire Péladeau. Pourtant le premier ministre avait refusé, la veille, de s'engager sur ce terrain : «Je ne veux pas aller là parce que je me rendrais coupable moi-même de ce que je reproche à mes adversaires.» S'il soupçonne vraiment les médias de Québecor de faire le jeu de leur patron, le premier ministre devrait le dire, et ce serait correct. Mais il n'a pas raison de faire ce genre d'insinuation pour clore le bec de l'opposition, quand elle ne fait que son travail, qui est d'interroger le gouvernement.

LA SAISON 2 DES IDÉES?

Il ne reste plus qu'un mois avant le premier tour de scrutin en vue de l'élection du prochain chef du Parti québécois (PQ). Les débats entre les candidats devaient permettre de brasser les idées, de remettre le PQ sur ses rails.

Question : avez-vous l'impression d'assister à une véritable remise en cause des politiques passées du PQ? Pas moi. Les discussions sur la souveraineté n'ont pas progressé d'un iota. Malgré leur désir de se tenir loin du débat sur la mécanique référendaire, les candidats sont encore prisonniers de ce carcan qui hante les dirigeants du PQ depuis la défaite du Oui en 1995. À part Martine Ouellet, qui promet un référendum pendant le prochain mandat, personne n'est en mesure d'évacuer efficacement cette question. Pierre Karl Péladeau promet une réponse en 2018 avant les élections; Bernard Drainville propose un report au mandat suivant si les conditions gagnantes ne sont pas réunies; et Alexandre Cloutier promet d'aller de l'avant si un million de Québécois le lui demandent.

Bref, il n'y aura pas de référendum si on n'a pas réuni les conditions gagnantes. La seule différence, c'est qu'au lieu d'attendre ces conditions gagnantes, les candidats promettent de les provoquer. Ils comptent y mettre tellement de travail et d'enthousiasme que, cette fois-ci, ça devrait marcher.

Il me semble avoir déjà entendu ça quelque part. Pas vous?

Pour le reste, les candidats s'entendent pour dénoncer l'austérité libérale et promettre des jours meilleurs sous leur gouverne. Mais les mesures annoncées sont parfois préparées sur le coin de la table, sans tenir vraiment compte de la réalité budgétaire.

Jacques Parizeau a été sévère en réitérant que le PQ est un champ de ruines, mais le bouillonnement des idées que la course à la direction du parti devait provoquer demeure tiède, très tiède.

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