Panique au pays du petit Jésus

Au cours des 10 dernières années, dans les... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Au cours des 10 dernières années, dans les quartiers historiques de Québec, on a démoli des lieux de culte, dont l'église Saint-Vincent de Paul. Tout ça dans l'indifférence quasi générale.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Au Québec, la défense du patrimoine soulève autant de passion que les effets néfastes du smog sur les reflets roux du pelage des antennes chez le mâle d'une espèce de maringouin des Laurentides.

Et encore, je trouve la comparaison un peu décourageante pour les maringouins mâles des Laurentides.

 Au cours des 10 dernières années, dans les quartiers historiques de Québec, on a démoli la chapelle des Franciscaines. On a démoli le couvent des Dominicains. On a démoli l'église Saint-Vincent de Paul. On a rasé les églises Notre-Dame-de-Grâce et Saint-Joseph.

Tout ça dans l'indifférence quasi générale.

Ainsi va la vie. Le disque de vinyle effectue un modeste retour. La bossa-nova connaît un regain tous les 20 ans. Même l'infâme pantalon à pattes d'éléphant a fait une brève réapparition. 

Seul le patrimoine ne connaît pas son quart d'heure de gloire.

Si le patrimoine était un humain, ce serait le pauvre écolier qui ne trouve jamais la bonne réplique. 

Rien à voir avec le petit futé qui se fait demander par l'institutrice : «Où est ton devoir?» Celui-là répond, du tac au tac :

«Je l'ai perdu en me battant avec un gars qui refusait d'admettre que vous étiez la meilleure prof de l'école.»

 

Bienvenue au Québec. Un endroit où vous pouvez démolir les vieilles églises. Raser un pilier de la vie communautaire comme le Centre Durocher, dans la basse ville de Québec. Dépecer les grandes propriétés des communautés religieuses autour des villes, pour satisfaire les promoteurs.

Au total, les larmes versées pour tout cela ne suffiront pas à humecter un timbre.

Par contre, ne touchez pas au crucifix du Salon bleu de l'Assemblée nationale. Ni à la prière à l'hôtel de ville de Saguenay. 

Ça, non! C'est notre identité! Cette semaine, après que la Cour suprême eut interdit la prière avant les séances du conseil municipal de Saguenay, le maire Jean Tremblay parlait d'une atteinte «à nos valeurs et à nos traditions». L'évêque de Chicoutimi, Mgr André Rivest, s'inquiétait de voir disparaître «notre patrimoine». Et Yvon Deshaies, le maire de Louiseville, décrétait que «nous ne sommes plus chez nous».

En 2011, un chroniqueur avait même écrit que l'interdiction de la prière «coupait à la tronçonneuse dans l'âme des Québécois francophones de souche».

Notre âme massacrée à la tronçonneuse? Pour une prière? Depuis le navet mondial L'attaque des tomates tueuses, personne n'avait imaginé un scénario aussi débile.

Stop. Je voulais rester gentil. L'autre jour, un lecteur m'a dit : «On dirait que ça vous amuse d'être méchant?»

Et tout ce que j'ai trouvé à lui répondre, c'est la réflexion de l'actrice Gracie Allen : «Je ne crois pas en la réincarnation. Mais si je devais me réincarner, je voudrais que ce soit en huître. Comme ça, je n'aurais à être bon que de septembre à avril.»

 

Ne nous égarons pas. En ce moment, à Québec, on ne sait plus quoi faire de l'église Saint-Jean-Baptiste, un immense bâtiment classé monument historique.

Curieusement, les évêques passionnés par le patrimoine sont soudain invisibles. Même chose pour les grenouilles de bénitier qui ont amassé 400 000 $ pour sauver la prière à l'hôtel de ville de Saguenay.

Comprenne qui pourra. La prière en public, oui? Les monuments historiques, non?

Faudrait demander au maire Jean Tremblay ses secrets. La dernière histoire à la mode raconte d'ailleurs ses mésaventures lors d'une partie de golf avec un homme d'affaires.

«D'emblée, le gars d'affaires

rate son élan de départ.

- Merde, j'ai raté mon coup, s'écrit-il.

Le maire Tremblay s'indigne. - Es-tu obligé de jurer comme ça? Tu devrais avoir honte, sermonne-t-il.

L'autre promet de faire attention. Mais dès le troisième trou, il expédie sa balle dans un étang.

- Merde, j'ai raté mon coup! grogne-t-il.

Le maire n'en croit pas ses chastes oreilles. Il est rouge de colère.

- Mon ami, tu t'exposes à la colère de Dieu.

L'homme d'affaires réussit à se calmer. Jusqu'au 18e trou, lorsqu'il rate un roulé enfantin.

- Merde, j'ai raté mon coup, s'exclame-t-il.

Soudain, un terrible éclair déchire le ciel bleu pour aller foudroyer le maire Jean Tremblay. Au même moment, une voix caverneuse se fait entendre :

- Merde, j'ai raté mon coup!»

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