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Mister Labeaume n'aime pas le franglais

Des fois, on jurerait qu'il y a deux... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Des fois, on jurerait qu'il y a deux Régis Labeaume : un qui déclare que les Québécois se forcent pour toujours trouver le mot français et l'autre qui ne peut s'empêcher de parler franglais.

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(Québec) En voyage, Régis Labeaume ne rate jamais une occasion de faire la leçon aux Français parce qu'ils utilisent trop de mots anglais. Chaque fois, le super-héros Labeaume attache ses éperons sur ses pantoufles et il fonce au secours de la francophonie en péril.

Mais de retour à Québec, le maire subit une étrange métamorphose. Plus près d'Elvis Gratton que de Molière.

Soudain, le champion du français ne voit plus de problèmes avec le franglais. Il déclare que le nouvel amphithéâtre est NHL full proof. Il explique que le ministre de l'Éducation, François Blais, est un smooth operator. Il promet d'en finir avec le spot zoning. Et malgré les poussières de métaux, il estime que les installations du Port de Québec sont state of the art.

Il faut se pincer pour vérifier qu'il s'agit du même maire qui déclarait, en décembre : «Y a-t-il quelqu'un qui va commencer à dire que l'usage de l'anglais et des anglicismes en France, ça n'a aucun bon sens?»

Avec un champion aussi cohérent, la francophonie ferait mieux de s'accrocher très fort au pinceau, pendant qu'on retire l'échelle.

Régis Labeaume, qui dénonce les mots anglais?

Est-ce l'équivalent du porc-épic qui vantait les mérites d'une crème miracle qui rendait sa peau douce?

***

Des fois, on jurerait qu'il y a deux Régis Labeaume.

Le premier déclare sans rire : «Nous [les Québécois], on se force pour trouver le mot français tout le temps.»

Le second ne peut pas s'empêcher de parler franglais, quitte à faire semblant de s'en amuser. Il met le spot sur sa ville. Il améliore le branding de Québec. Il veut créer un buzz autour des fêtes du jour de l'An. Il promet de packager le rapport final sur l'autobus rapide. Il rêve d'un circuit historique nord-américain, parce que l'idée de roots est importante, aux États-Unis.

Le premier Régis Labeaume s'est autoproclamé «ambassadeur du fait français en Amérique», lors d'un récent voyage à New York. 

Le second ressemble au vendeur de «chars usagés» qui était le seul à ne pas s'apercevoir que sa pancarte était contradictoire.

«Ici, on vend des voitures usagées, pouvait-on y lire. Pourquoi aller ailleurs pour se faire voler? Venez ici en premier!»

Mais qui suis-je pour donner des leçons de bon franglais? Comme le dit si bien Mister Labeaume, les journalistes veulent du crunchy. Ils ne laissent jamais de break.

Bref, ça ne compte pas.

Au passage, les partisans du maire se réjouiront de constater que leur héros n'est jamais à court d'insultes ou de répliques cinglantes. En français, en franglais ou en serbo-croate.

En février, M. le maire a ordonné au commissaire au lobbyisme de se taire. Puis il l'a invité à cesser de jouer la star.

Récemment, un manifestant qui avait été mordu par un chien a entrepris de dénoncer les méthodes policières. Mal lui en prit. Le maire l'a apostrophé dans la langue universelle des contremaîtres : Get a life!

Rendu là, pour boucler la boucle de l'hypocrisie, il ne lui reste plus qu'à inviter l'Organisation internationale de la francophonie à partir en croisade contre les anglicismes en France.

Zut. J'oubliais. C'est chose faite, depuis le mois de décembre.

***

Il apparaît tout indiqué de conclure avec la blague Tit-Jos-Connaissant, qui se moque d'un maire jouant tour à tour les spécialistes de l'architecture, de la francophonie et même du ramassage des ordures.

«Un jour, dans un pays lointain, un prêtre, un ingénieur et Régis Labeaume sont condamnés à être guillotinés.

Le religieux réclame de mourir sur le dos, pour regarder son Créateur en face. Son voeu est exaucé. Mais au moment de l'exécution, le couperet s'arrête à quelques centimètres de son cou.

C'est un miracle. Le bourreau doit gracier le prêtre. Au tour de l'ingénieur, qui demande aussi à mourir couché sur le dos, pour admirer la mécanique de la guillotine.

Le couperet tombe, mais il s'arrête juste avant son cou. Stupeur du bourreau. Le condamné doit être libéré.

Comme les autres, Régis Labeaume demande à mourir couché sur le dos. Mais sitôt installé, il pousse un cri :

- ATTENDEZ!

Le bourreau se penche vers le condamné qui arbore un large sourire.

- Je vois d'où vient le problème, lui chuchote Régis Labeaume. Donnez-moi deux minutes, je répare ça facilement!»

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