La tentation de la retraite

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Le départ à la retraite de fonctionnaires signifiera des charges de travail accrues et plus de stress pour ceux qui restent.

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(Québec) La crainte de changements à venir dans les régimes de retraite des cadres de l'État accélère le rythme des départs. Ce n'est pas la ruée vers la sortie. Pas encore. Mais les indicateurs de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances (CARRA) sont parlants.

Dans les trois premiers mois de 2015, les «demandes d'estimation» de retraite par des cadres ont bondi de 136 % (395 à 933) par rapport à la même période l'an dernier. 

Il s'agit de cadres qui sont à moins de 14 mois de leur date d'admissibilité à la retraite et veulent vérifier auprès de la CARRA quel serait le montant de leur rente.  

Ces demandes d'estimations s'ajoutent aux 469 cadres qui ont annoncé leur départ à la retraite au cours des trois derniers mois.

Sans parler de ceux qui n'ont pas levé la main encore, mais qui ont les yeux rivés sur le 31 décembre 2016, date d'expiration de l'entente sur les retraites.

Au total, 7535 employés de l'État ont annoncé leur départ depuis le début de l'année, et 6051 ont demandé une estimation.   

Les cadres du gouvernement sont déjà passés à la caisse une première fois en 2011 pour réduire le déficit de leur régime de retraite. Leurs contributions sont alors passées de 10,5 % à 14,4 % du salaire.

La perspective de devoir augmenter la mise en incite plusieurs à devancer leur départ, plutôt qu'à le reporter, ce qui va à l'encontre de la tendance générale au Québec et au Canada.

***

Il est dans l'ordre des choses que les cadres, souvent plus âgés, pensent davantage à la retraite que les autres employés.

Ce qu'on observe et entend depuis le début de l'année au gouvernement est cependant inhabituel. 

Peut-être pas inédit, car il y a déjà eu des départs massifs sous le gouvernement de Lucien Bouchard. Mais assez pour faire réfléchir. 

Le gouvernement Couillard se défend d'avoir voulu précipiter les départs pour faciliter l'atteinte du déficit zéro. Mais le résultat sera le même.

Beaucoup s'en réjouiront. 

La perception générale est que l'État est trop lourd et qu'il faut en alléger les structures, tout en épargnant les services directs aux citoyens. Cela veut dire moins de paliers de décision et moins de cadres.  

Peut-être en résultera-t-il des économies de fonctionnement immédiates.

Mais cela veut dire aussi des charges de travail accrues et plus de stress pour ceux qui restent, ce qui devient un autre incitatif à partir.

Des départs massifs précipités ne sont pas nécessairement une bonne nouvelle pour les régimes qui perdront des contributeurs. 

Ni pour l'État qui perdra beaucoup de mémoire et de savoir-faire difficiles à remplacer sur-le-champ.   

La pdg de l'Alliance des cadres du gouvernement, qui représente 3600 membres, Carole Roberge dit sentir «beaucoup d'incertitude» et recevoir «beaucoup plus de demandes d'information qu'à l'habitude». Elle se souvient que cela avait aussi été le cas en 2011. 

***

On comprend qu'un nouvel effort sera nécessaire pour retrouver l'équilibre du régime de retraite «atypique» des cadres. 

Atypique parce que les retraités touchent une rente de cadre, mais n'ont pas contribué en juste proportion pendant la majorité de leur vie professionnelle. 

C'est une des explications aux difficultés du régime des cadres. 

Mme Roberge confirme que les discussions sont amorcées, mais il est encore trop tôt, dit-elle, pour «statuer sur des solutions».

Le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) est en meilleure posture, étant capitalisé à près de 100 %. 

Cela n'empêche pas le président du Conseil du trésor de vouloir le revoir. Il propose de reporter de 60 à 62 ans l'âge de la retraite, de réduire le montant des rentes et d'augmenter les pénalités pour les retraites anticipées.

Est-ce vraiment nécessaire si le régime est en santé? C'est une bonne question. La réponse serait trop longue pour l'espace qui me reste aujourd'hui. J'y reviens dans une prochaine chronique. 

***

Un dernier mot. Je ne veux pas relancer le débat, mais seulement vous dire que j'ai continué à recevoir un courrier abondant sur le procès Delisle. 

Les premiers courriels allaient tous ou presque dans la même direction: aucune crédibilité à la thèse du suicide assisté. La suite fut plus nuancée. Finalement, je dirais presque moitié-moitié. Ça ne veut rien dire. Sinon que cette histoire vous fait réagir et vous divise.

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