Saint-Augustin: une ville au bout du rouleau?

La démission de Marcel Corriveau pour des raisons... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La démission de Marcel Corriveau pour des raisons de santé le 18 mars laisse la Ville de Saint-Augustin devant bien des interrogations. Son successeur, qui sera élu le 7 juin, sera-t-il tenté par une refusion avec Québec?

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(Québec) Les citoyens de Saint-Augustin iront voter le 7 juin pour choisir un successeur à Marcel Corriveau, contraint de quitter son poste pour des raisons de santé.

Ce départ émotif, en pleine tourmente sur les taxes et sur la facture d'agglomération, s'ajoute à plusieurs années de turbulences administratives et politiques: congédiements et départs de cadres; projets contestés; allégations d'irrégularités sur des contrats et sur le financement politique; visite de l'UPAC à l'hôtel de ville au printemps 2014, etc.

Décimée, la machine municipale tient actuellement à un seul homme ou presque, le nouveau dg Robert Doré, qui cumule en plus du sien les postes de greffier, de directeur des ressources humaines et de directeur du service des communications.

Le conflit qui perdure sur les coûts d'agglomération et la perspective de nouvelles hausses de taxes l'an prochain ne laisse pas entrevoir d'accalmie.

En décembre, alors qu'il préparait ce qui allait être son dernier budget, le maire Corriveau avait prévenu ses concitoyens : «On s'en va dans le mur». Un document de la Ville sur les finances concluait alors que «la prochaine étape étant l'agonie».

Après 10 ans d'autonomie (relative), la petite ville défusionnée est-elle rendue au bout de son rouleau?

Ce n'est sans doute pas le sentiment général à Saint-Augustin. Pas encore. Ni à L'Ancienne-­Lorette d'ailleurs, qui a encaissé elle aussi des hausses de taxes exorbitantes depuis la défusion.

Mais je suis curieux de voir s'il se trouvera dans les candidats à la succession de M. Corriveau quelqu'un pour porter l'idée d'une «refusion» avec Québec.

J'ai toujours pensé que les villes défusionnées vont finir par revenir, mais que ça n'arriverait pas tant que les maires des défusions seraient en place. 

Toujours pensé aussi que ça ne pourrait arriver que le jour où les taxes des villes défusionnées dépasseraient celles de Québec. C'est désormais le cas. 

Pour la première fois depuis les défusions, les citoyens de Saint-Augustin paient plus cher que ceux de Québec pour une maison de même valeur. L'écart en 2015 est de 275 $ pour une maison de 260000$. 

L'Ancienne-Lorette paie aussi plus cher que Québec, et ce, depuis plus longtemps (2012), mais l'écart est moindre (75 $). 

***

Un écart de taxes n'est pas le seul motif ni sans doute le plus important pour saborder une ville.

Il n'est pas certain d'ailleurs que les taxes seraient moins élevées advenant une «refusion».

Dans le modèle des fusions de 2002, chaque ancienne ville restait responsable de ses dettes. Quoi qu'il advienne, les citoyens de Saint-Augustin ne pourront échapper aux importantes dettes locales contractées ces dernières années. 

Pour le reste, c'est à voir. Personne ne croit plus aux économies d'échelle résultant d'une fusion. 

Un bénéfice politique? C'est à voir.

Saint-Augustin a le sentiment d'être laissée pour compte par l'agglomération et de n'y avoir aucun poids politique. 

Ses citoyens seraient-ils mieux servis si Saint-Augustin devenait un quartier de Québec plutôt qu'un joueur marginal à la table de l'agglomération?

La question se pose. Une course à la mairie peut même être un bon moment pour en débattre. 

Un bon moment aussi pour réfléchir à l'attitude que le prochain maire ou mairesse devrait avoir avec Québec et l'agglomération.

On a vu les limites de la stratégie de confrontation et d'auto-isolement. 

***

Les derniers mois ont montré qu'on pouvait difficilement compter sur le ministère des Affaires municipales pour résoudre le conflit des factures d'agglomération.

Qui a raison? Qui a les bons chiffres? Le Ministère a été incapable à ce jour de trancher ou de proposer une issue. 

La conséquence est que le compteur des dépenses découlant de la judiciarisation du litige entre Québec et Saint-Augustin continue de tourner. 

Juste à la Ville de Québec, c'est au moins 1000 heures de travail; un employé mobilisé à temps plein, des retraités rappelés au travail, sans parler des frais d'avocats. 

Un désolant gaspillage de temps, d'énergie et d'argent.

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